Paris : Un policier écope d’une peine de prison pour avoir frappé un prévenu au Palais de Justice.


Illustration. (Shutterstock)

Marc, un jeune policier de 23 ans a été condamné pour des violences commises sur un prévenu, en juillet 2018.

Ce jeudi, le policier comparaissait devant le tribunal correctionnel de Paris, dans le cadre d’une affaire de « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique ».

« Aujourd’hui, nous jugeons ici l’un des nôtres : un serviteur de la loi. La valeur qui nous réunit est la justice, et elle a un temple : le tribunal. Nous en sommes les gardiens », a déclaré le président de la 10ème chambre correctionnelle.

La légitime défense plaidée par le fonctionnaire

Le policier a plaidé la légitime défense pour expliquer les coups portés à Farid, un Marocain en situation irrégulière, qui devait comparaître ce jour-là au tribunal. Ce dernier venait d’être extrait de la Maison d’Arrêt de Fleury-Mérogis pour assister à son procès.

L’altercation avait eu lieu dans les toilettes du tribunal, alors que les deux hommes étaient à l’écart. Marc y avait emmené le prévenu qui « parlait fort » et « communiquait avec son co-dérenu ». À la barre, le policier a affirmé : « Il voulait s’y rendre, et puis, de mon côté, lorsqu’il y a un conflit, j’amène les personnes là-bas, pour discuter avec elles, apaiser la situation ».


Des enregistrements de vidéosurveillance

Devant la Cour, des enregistrements de la vidéosurveillance du tribunal ont été diffusés, rapporte Le Parisien. On peut y voir le fonctionnaire déposer son ceinturon et son arme sur un banc. Marc a affirmé que c’était « pour éviter tout problème » comme « un réflexe ». Il retourne ensuite aux toilettes, et l’on peut apercevoir dans l’entrebâillement de la porte, un homme en t-shirt jaune se débattre sous les coups.

Farid s’était vu attribuer 3 jours d’incapacité totale de travail (ITT) et a été relaxé pour les coups portés au fonctionnaire.

Une peine de prison pour le policier

Pour la substitut du Procureur, le policier avait « l’intention d’en découdre avec Farid », jugeant le fonctionnaire « ni serein ni maître de [lui] ». Marc a finalement été condamné à 4 mois de prison avec sursis et interdiction de porter une arme durant un an.