Périgueux : Une infirmière avoue avoir commandité l’assassinat de son mari pour 10 000 €


Illustration. (Shutterstock / Yulia Grigoryeva)

Une quinquagénaire a été mise en examen et placée en détention provisoire pour avoir proposé 10 000 euros à un homme, afin qu’il assassine son mari, père de ses trois enfants.


Une femme de 51 ans, infirmière de profession domiciliée à Périgueux (Dordogne), est passée aux aveux lors de ses auditions dans le cadre d’une enquête pour « mandat criminel ».

Elle a reconnu avoir recruté un homme chargé d’assassiner son mari, père de ses trois enfants, « tout en disant n’y avoir jamais cru », a indiqué le procureur de la République de Besançon (Doubs), Étienne Manteaux, cité par Sud Ouest.

Ce projet serait la résultante d’« une haine terrible accumulée au fil des années contre son mari », a précisé le magistrat, ajoutant qu’elle était en instance de divorce dans un contexte très conflictuel, après 25 ans de vie commune.

Chargé de le tuer, il lui demande de l’argent en échange des preuves

L’affaire a débuté le 22 avril dernier, lorsque les policiers ont recueilli la plainte d’un homme de 55 ans. Il leur a expliqué avoir été contacté par un homme affirmant avoir été recruté par son épouse pour l’assassiner.


Ce dernier avait précisé au quinquagénaire qu’il n’avait pas l’intention de le tuer, mais lui proposait des preuves de la réalité du sombre dessein de sa femme, contre rémunération.

Les enquêteurs de la police judiciaire de Besançon ont placé sous surveillance technique cet homme de 24 ans et la conjointe du plaignant. « Ces écoutes téléphoniques, ainsi que des mails, ont immédiatement rendu crédible ce scénario », a indiqué le procureur de la République.

Tous deux ont été interpellés et placés en garde à vue. Lors d’une perquisition menée au domicile du jeune homme, les policiers ont découvert des textes manuscrits, attribués à la commanditaire présumée. Ils montraient qu’elle envisageait de faire assassiner son mari au mois de juin.

Un contrat de 10 000 euros

Les enquêteurs ont également mis au jour un contrat d’un montant de 10 000 euros liant ces deux personnes. Le jeune homme et la femme avaient eu un rendez-vous dans un club de vacances du sud de l’Italie, près de Naples.

Lors de sa garde à vue, le jeune homme a confié avoir reçu de l’argent en espèces de la part de la commanditaire, et qu’il lui avait fait croire qu’il était prêt à passer à l’action, sans toutefois avoir envisagé réellement de tuer son mari.

Aucun acte préparatoire

Par ailleurs, les enquêteurs n’ont effectivement constaté aucun acte préparatoire, ce qui tend à confirmer ses déclarations. Cet habitant de l’Essonne était déjà connu de la justice pour des faits d’escroquerie. Au terme de sa garde à vue, il a été placé sous le statut de témoin assisté.

L’infirmière a été mise en examen dans le cadre d’une information judiciaire ouverte pour « mandat criminel », et placée en détention provisoire le 15 mai. Ce délit prévoit le fait de « passer un contrat pour faire assassiner quelqu’un, même si cet assassinat n’a été ni commis, ni même tenté », a expliqué le magistrat.

Il a été créé par la loi Perben II du 9 mars 2004, et prévoit une peine de 10 ans de prison pour son auteur.