Perpignan : Un détenu fait croire qu’il est contaminé par le coronavirus, puis s’évade une fois arrivé à l’hôpital


Illustration. (Adobe Stock)

Le détenu « particulièrement signalé » avait bien préparé son coup. Il est parvenu à s’enfuir de l’hôpital, mais a finalement été rattrapé dans la rue.


Dans la nuit de jeudi à vendredi, un détenu de la maison d’arrêt de Perpignan (Pyrénées-Orientales), écroué pour « enlèvement, séquestration et tentative de viol », s’est mis à vomir et à se plaindre de difficultés respiratoires.

Les surveillants pénitentiaires ont été alertés vers 23 heures, par des appels et un tapage important provenant d’une aile de la prison, relate France 3. Des détritus et des couvertures enflammées jetées par les fenêtres des cellules du deuxième étage ont provoqué leur rapide intervention.

Un cas suspect de Covid-19

Sollicité par l’administration pénitentiaire, l’organisme SOS Médecin a confirmé que le détenu était peut-être infecté par le Covid-19. Trois surveillants pénitentiaires ont été chargés de conduire le malade à l’hôpital, où il a été pris en charge au centre d’infectiologie réservé au Covid-19, explique Johann Reig, délégué régional adjoint du syndicat UFAP à Actu.fr.

Un seul surveillant, en combinaison imperméable intégrale

Comme la procédure de l’hôpital l’oblige, le détenu est resté sous la surveillance d’un seul fonctionnaire, vêtu d’une combinaison intégrale pour se protéger du coronavirus. Vers 5 heures du matin, les menottes du prisonnier, toujours entravé aux jambes, ont été retirées, pour qu’il puisse être examiné.


« À un moment donné, le collègue est allé aux toilettes. Le détenu a jeté un appareil médical sur les infirmiers, a arraché ses perfusions et a pris la fuite », détaille le syndicaliste.

Interpellé dans la rue

Le fuyard s’est mis à courir dans les allées du centre hospitalier, avant de passer par-dessus une clôture, poursuivi par les surveillants pénitentiaires. Toujours entravé aux jambes, il a finalement été récupéré deux rues plus loin.

Son dépistage a tout de même été mené à son terme. Le verdict est tombé ce vendredi vers 17 heures : négatif. Entre temps, le détenu avait avoué avoir menti à ses geôliers, simulant son état de santé inquiétant pour s’évader. Il a été reconduit à la maison d’arrêt.

Condamné pour une affaire criminelle, le détenu est sous le coup d’une autre procédure en correctionnelle. Il a été placé en quartier disciplinaire. Le délégué régional adjoint du syndicat UFAP craint que d’autres simulations du même type ne se multiplient, sachant que le protocole Covid-19 requiert de lourds moyens pour permettre le dépistage des détenus.