Policier lynché à Lyon : le «sentiment d’incompréhension total» de la victime après le verdict

Illustration. (photo Obatala-photography/shutterstock)

Sur les dix prévenus jugés en novembre dernier à Lyon, pour avoir lynché un policier en service en juin 2020, seuls deux d’entre eux ont été reconnus coupables et condamnés à une peine de prison mardi. Les autres ont été relaxés. La victime évoque « un sentiment d’incompréhension total ».

Le 14 juin 2020 à 04h30 alors qu’il rentrait chez lui à Lyon (7e), avec sa compagne, un policier hors service de 35 ans a été violemment agressé et roué de coups par de nombreux individus. 45 jours d’Incapacité totale de travail (ITT) lui ont été attribués. Sa conjointe a elle aussi été blessée et s’est vu prescrire 3 jours d’ITT.

Le jugement des dix prévenus s’est déroulé le 5 novembre dernier. Le parquet avait alors réclamé des peines allant de 3 ans à 3 ans et demi de prison dont un an de sursis probatoire pour huit des mis en cause.

La justice a rendu son délibéré ce mardi. Deux des prévenus ont écopé d’une peine de cinq ans d’emprisonnement, dont 30 mois avec sursis et une période probatoire de trois ans. Les huit autres ont été relaxés. Une décision qui laisse la victime, Alexandre, dans l’incompréhension. « Quand j’ai appris ça, il y a eu vraiment beaucoup de colère avant que ça ne se transforme en sentiment d’incompréhension total », a-t-il réagi à RTL. « Huit de libres, ça veut dire huit personnes dans mon esprit dont on considère qu’ils n’ont rien fait alors que tout le monde a participé ».

« À chaque coup je sentais mes vertèbres craquer »

Quelques jours après les faits, alors qu’il était encore sur son lit d’hôpital, Alexandre avait confié à BFMTV qu’il avait imaginé le pire durant cette agression ultra-violente : « À chaque coup je sentais soit mes vertèbres craquer, soit ce début de flottement où je commençais à être KO en fait, à me sentir partir ». « Je commençais à me dire : est-ce que à la prochaine je vais finir tétraplégique ou est-ce que je vais juste mourir ? Comment ça va se passer ? (…) Je me suis résigné et me suis dit que c’était la fin ».