Policier percuté mortellement dans l’Aveyron : le pompier volontaire écope en appel de 16 ans de prison


Illustration. (Shutterstock)

Le chauffard, sous l’emprise du cannabis, avait percuté mortellement le gardien de la paix à plus de 100 km/h en tentant de se soustraire à un contrôle de police.

Le procès de Jérémy Munoz, 31 ans, poursuivi pour « violences mortelles aggravées » comme en première instance l’an passé, se tenait devant la cour d’assises de l’Hérault, depuis mardi. Il a été condamné ce vendredi pour avoir mortellement percuté le sous-brigadier Benoît Vautrin, 36 ans, le 10 avril 2015, à Aubin en Aveyron.

En première instance, il avait écopé de 15 ans de réclusion criminelle. Cette fois-ci en appel, il a été condamné à 16 ans.

Des « actes de volonté »

Lors de l’audience, l’Avocat général a évoqué le caractère volontaire des actes du chauffard, sans détour : « Ce n’est pas un accident, ce ne sont pas des actes involontaires, mais une succession d’actes de volonté ».

Jérémy Munoz avait fuit un contrôle de vitesse après avoir été flashé, et alors qu’il roulait sous l’emprise du cannabis. Il avait fait demi-tour pour échapper aux policiers puis avait percuté le sous-brigadier à plus de 100 km/h. Le chauffard, sapeur-pompier volontaire, s’était arrêté pour lui prodiguer les premiers secours avant de se laisser interpeller.


Un témoignage glaçant

À la barre, l’adjointe de sécurité qui assistait le policier dans sa mission a livré un témoignage glaçant : le choc a été tel que son collègue a été « démembré, les yeux ouverts, [et] perdait beaucoup de sang ».

« Le policier, il l’a repéré en amont, il a décidé d’en faire un obstacle et de le franchir », a lancé l’avocat de la famille de la victime, estimant lui aussi que les agissements du chauffard étaient volontaires, rapporte Midi Libre.

Pas de « haine »

La conjointe de Benoît Vautrin a déclaré qu’elle n’avait pas de « haine ». Elle a toutefois émis le souhait que le drame « fasse écho » et que chacun se rappelle qu’il y a « une famille » derrière un policier, relate Le Parisien.

Le prévenu a quant à lui nié l’acte volontaire, en martelant qu’il n’avait souhaité ni lui faire peur, ni le percuter, mais uniquement l’éviter. Une posture qui n’a visiblement pas convaincu la cour, qui a aggravé sa peine en appel.