Policière rouée de coups à Champigny : jusqu’à 3 ans de prison contre sept prévenus


Une policière avait été sauvagement rouée de coups à Champigny, le 31 décembre 2017. (capture écran/DR)

Sept personnes ont été condamnées par le tribunal correctionnel de Créteil (Val-de-Marne) ce jeudi dans l’affaire de la policière rouée de coups le 31 décembre 2017 à Champigny-sur-Marne.


Des vidéos amateurs choquantes de cette violente agression avaient été diffusées sur les réseaux sociaux. Laurie, 26 ans aujourd’hui, était au sol, encerclée et frappée sauvagement par de nombreux individus. La scène s’était produite le soir de la Saint-Sylvestre 2017, lors d’une intervention à Champigny. La victime s’était vu attribuer 30 jours d’Incapacité totale de travail (ITT).

Après plusieurs jours d’audience, le délibéré a été prononcé par le tribunal de Créteil ce jeudi matin à 10 heures rapporte Le Parisien. La policière qui était affectée à Chennevières-sur-Marne (Val-de-Marne) au moment des faits, était assise sur le banc partie civile.

Trois prévenus condamnés et écroués

Les trois prévenus accusés d’avoir frappé la victime ont été condamnés à des peines de prison ferme. Quentin, 21 ans, originaire de Gisors (Eure), a écopé de trois ans ferme. Sur les vidéos exploitées par les policiers, le jeune homme a donné les coups les plus violents à la policière. Jean-Baptiste, 22 ans, vivant à Corbeil-Essonnes a quant à lui écopé de deux ans ferme. Il avait admis avoir porté un coup de pied à la victime. Un mandat de dépôt a été délivré concernant les deux jeunes hommes qui sont partis directement en prison, alors que le parquet avait requis leur placement en détention différée.

Esdras, 21 ans, originaire du Perreux-sur-Marne a lui aussi été condamné à deux ans de prison ferme. Lui aussi a été amené derrière les barreaux. Le jeune homme avait nié des violences contre la victime. Ce dernier bénéficiera, à l’inverse des deux autres, d’un régime de semi-liberté lui permettant de se rendre à son travail en journée.


Des peines de prison avec sursis

Deux autres prévenus étaient poursuivis pour non-assistance à personne en danger. Ils ont écopé de huit mois de prison avec sursis, deux de moins que le réquisitoire prononcé par le parquet. En outre, une jeune femme a été condamnée pour avoir diffusé l’une des vidéos amateurs sur le réseau social Twitter. Un jeune homme qui avait filmé la scène, a de son côté écopé de 10 mois de prison ferme qu’il effectuera sous bracelet électronique.

Les condamnés devront par ailleurs verser la somme de 5000 euros à la victime. « En les condamnant à une caution solidaire, le tribunal a vraiment considéré que tous étaient responsables au même niveau des préjudices pour ma cliente », a déclaré l’avocate de la policière, Me Ariane Mineur, à plusieurs médias, saluant dans le même temps une décision « très juste et à la mesure de la gravité des faits ».

« Ils m’ont brisée, je ne suis plus la même personne qu’il y a trois ans »

La procureur de la République Céline Miekta avait rappelé les faits dans son réquisitoire mercredi : « Vous avez une fonctionnaire de police, lynchée, piétinée, brutalisée, dépouillée, qui a subi au final 30 jours d’incapacité totale de travail ». La policière qui a depuis été mutée en province, à sa demande, s’est également exprimée durant le procès, évoquant ses souffrances. « Ils m’ont brisée, je ne suis plus la même personne qu’il y a trois ans. (…) J’étais une personne festive, j’ai arrêté de le faire, j’avais la boule au ventre de sortir », a-t-elle confié.

Quatre mineurs sont également poursuivis dans cette affaire, ils seront jugés ultérieurement devant le tribunal pour enfants. D’autre part, le procès d’un autre majeur dans ce même dossier a été renvoyé au 22 mars prochain.