Policiers frappés et blessés à Combs-la-Ville : les deux agresseurs présumés remis en liberté


Le tribunal de Meaux. (Google view)

Les deux hommes accusés d’avoir frappé et sérieusement blessé trois policiers à Combs-la-Ville (Seine-et-Marne) dans la nuit de lundi à mardi, ont été remis en liberté sous contrôle judiciaire, en attendant leur procès qui se déroulera en juin prochain.

La décision du tribunal de Melun a fait bondir les syndicats de policiers. L’affaire, que nous avons révélé, s’est déroulée en début de semaine, dans la nuit de lundi à mardi, à Combs-la-Ville, au cours d’un simple contrôle de police. Vers 23h30, une patrouille a procédé au contrôle d’un automobiliste qui se trouvait avec son frère, notamment pour s’assurer qu’il respectait bien le couvre-feu.

La situation a dégénéré et les deux frères jumeaux de 25 ans ont violemment agressé les forces de l’ordre, avant d’être interpellés. Trois policiers ont été blessés. Une policière âgée de 40 ans souffre d’une fracture de la malléole et ne peut plus poser le pied par terre. 45 jours d’Incapacité totale de travail (ITT) lui ont été attribués. Son collègue, âgé de 24 ans, porte quant à lui une attelle à une jambe et a une entorse à un genou. Il s’est vu attribuer 15 jours d’ITT. Le troisième policier qui a été frappé au visage, s’est vu prescrire 7 jours d’ITT. Ces derniers ont également fait l’objet de menaces de mort.

Les trois fonctionnaires affectés à la brigade de nuit du commissariat d’agglomération Melun-Val de Seine, se sont présentés au tribunal de Melun ce mercredi après-midi, alors que leurs deux agresseurs devaient être jugés en comparution immédiate.

Déjà condamnés pour des violences

Les deux prévenus ont demandé le report de leur procès afin de pouvoir préparer leur défense. Le tribunal a ensuite dû trancher entre placer les deux prévenus en détention provisoire ou les remettre en liberté, sous contrôle judiciaire. « La famille des deux prévenus, qui a débarqué sur les lieux, a voulu faire pression sur les fonctionnaires de police. C’est pourquoi il serait nécessaire qu’ils soient mis à l’écart », a argumenté l’avocat des policiers, Me Guerreau, cité par Le Parisien, durant l’audience.

La procureur de la République a quant à elle requis le placement en détention provisoire des prévenus, qui ont déjà été condamnés à six et huit mois de prison avec sursis en 2018 pour des violences en réunion commises dans l’Essonne. Ces derniers ont déclaré qu’ils avaient été victimes de « violences policières » lors de leur interpellation.

L’interdiction de se rendre en Seine-et-Marne

Le tribunal a finalement décidé de remettre en liberté les deux frères jumeaux, qui ont été placés sous contrôle judiciaire, jusqu’à leur procès qui se tiendra le 1er juin prochain à 13h30. Ils ont également l’obligation de se présenter une fois par semaine au commissariat de Brunoy (Essonne) et de répondre aux convocations de l’association de contrôle judiciaire de l’Essonne, une fois par semaine.

En outre, les deux hommes ont reçu l’obligation de travailler ou de trouver une formation. Ils ont aussi l’interdiction d’entrer en contact avec les trois victimes et de paraître en Seine-et-Marne.

« Laxisme de la justice »

Cette décision de justice irrite les syndicats de policiers. « Laxisme de la justice, quel signal pour les forces de l’ordre ! », lâche le syndicat Alliance police nationale de Seine-et-Marne sur Facebook, qui « exige des peines incompressibles pour les agresseurs de flics ».

La décisions va « générer de l’angoisse pour les collègues, entre les menaces de mort qu’ils ont reçues et le jugement programmé dans plus de trente jours », déplore auprès de nos confrères, Julien Constant, secrétaire départemental de l’Unité SGP Police FO du département.