Policiers brûlés à Viry-Châtillon : deux gendarmes blessés lors de la bagarre générale au moment du verdict


Des gendarmes arrivés en renfort pour mettre fin à une bagarre au moment du verdict. (image Clément Lanot)

Deux gendarmes ont été blessés lors de la bagarre générale qui a éclaté à l’énoncé du verdict de la cour d’assises des mineurs de Paris, dans le procès des policiers brûlés à Viry-Châtillon (Essonne) en 2016.

La cour d’assises des mineurs a rendu son verdict dans la nuit de samedi à dimanche, vers 1 heure du matin, après 14 heures de délibérations et six semaines d’audience à huis clos.

Au moment de l’énoncé du verdict, une bagarre générale a éclaté, dans le box des accusés mais également dans la salle d’audience. « Un monde sépare les personnes qui ont été jugées et le reste de la société. La réalité a sauté brutalement aux yeux de tous dans la nuit de samedi, puisque au moment où le verdict a été rendu en audience publique, une double bagarre a éclaté, non seulement entre les accusés, mais également dans la salle », a raconté au Figaro, Me Thibault De Montbrial, l’avocat d’une policière dans ce procès.

« Certains accusés, y compris parmi les acquittés de fraîche date, s’en sont pris en particulier à l’un d’entre eux qui avait donné quelques informations en début d’enquête, ainsi qu’aux forces de l’ordre présentes », a-t-il ajouté. « Le naturel des quartiers a ainsi vite repris le dessus, et a explosé aux yeux de tous. La présidente a été copieusement injuriée par un des condamnés. Une de mes collaboratrices l’avait également été lors des débats. »

10 jours et 3 jours d’ITT

Une trentaine de gendarmes et de policiers sont intervenus pour ramener le calme. Deux gendarmes ont été blessés lors de cette intervention. L’un s’est vu attribuer 10 jours d’Incapacité totale de travail (ITT), le second 3 jours. Ces derniers ont déposé plainte.

Cinq des treize accusés ont été condamnés à des peines de 18 ans de réclusion pour trois d’entre eux, 8 ans de prison pour le quatrième et 6 ans pour le dernier. Les autres ont tous été relaxés au cours de ce procès en appel. Des peines moins sévères qu’en première instance. « A partir du moment où le parquet fait appel parce que les peines sont jugées trop clémentes, comment expliquer des réquisitions d’appel moins sévères ? », s’est interrogé Me De Montbrial.

Cette décision de justice a provoqué la colère des policiers qui se sont rassemblés devant les tribunaux partout en France ce mardi à la mi-journée, à l’appel du syndicat Alliance police nationale. Ces derniers réclament des peines plus sévères à l’encontre de leurs agresseurs, dénonçant notamment « le laxisme de la justice ».