Policiers brûlés à Viry-Châtillon : Le parquet décide de faire appel des condamnations


Une quinzaine d'individus ont attaqué les policiers avec des cocktails Molotov le 8 octobre 2016, à Viry-Chatillon. (©PHOTOPQR/LE PARISIEN/ARNAUD JOURNOIS)

La Cour d’assises de l’Essonne a condamné 8 des 13 accusés à des peines de 10 à 20 ans de réclusion criminelle dans le procès des policiers attaqués et brûlés à Viry-Châtillon (Essonne). Les 5 autres accusés ont été relaxés. Le parquet a décidé de faire appel de cette décision.

Les 13 accusés âgés de 19 à 24 ans vont être rejugés. Le verdict avait été rendu le 4 décembre dernier après six semaines de procès devant la Cour d’assises des mineurs de l’Essonne. Le parquet a annoncé sa décision de faire appel.

Jugés pour avoir attaqués des policiers avec des cocktails Molotov notamment, en octobre 2016, huit des accusés ont écopé de peines allant de 10 à 20 ans de réclusion criminelle tandis que les cinq autres ont été acquittés, le 4 décembre dernier. Dans le détail, deux accusés ont écopé d’une peine de 20 ans de prison, trois autres de 18 ans de prison, deux autres de 12 ans de prison, l’un à 10 ans de prison.

Deux des policiers avaient été très grièvement brûlés

La violente attaque contre des policiers à Viry-Châtillon (Essonne) le 8 octobre 2016 avait provoqué un séisme dans les rangs de la police nationale. Une quinzaine d’individus avaient attaqué les fonctionnaires qui se trouvaient en sécurisation d’une caméra de surveillance en plein après-midi.

Les assaillants, armés de cocktails Molotov, avaient également jeté des pierres sur les fonctionnaires, les frappant. Deux des policiers avaient été très grièvement brûlés. L’un avait passé plusieurs semaines dans le coma et n’a pas encore pu reprendre son travail.


Des témoins absents

Six auteurs n’ont à ce stade, pas pu être identifiés. Au cours du procès qui avait débuté le 15 octobre dernier et qui s’est déroulé à huis-clos, les 13 accusés ont tous nié les faits. La cour d’assises a également dû faire son choix alors que de nombreux témoins ont refusé de témoigner. D’autres sont revenus sur leurs déclarations ou ont déclaré avoir tout oublié.

Un verdict « difficile à comprendre »

Il s’agit d’« une décision difficile à comprendre. D’un côté, la cour d’assises qualifie de tentative d’homicide sur personne dépositaire de l’autorité publique l’acte gravissime du 8 octobre 2016, et de l’autre elle ne tire pas les conséquences de cette gravité, en ne condamnant les accusé coupables qu’à des peines de 10 à 20 ans, alors que la réclusion criminelle à perpétuité était encourue », avait réagi Maître Thibault de Montbrial, l’avocat de Jenny, l’une des policières qui a été gravement blessée lors de cette attaque.

Ce nouveau procès pourrait se tenir dans un délai d’un an.