Près de 150 détenus condamnés pour terrorisme sortiront de prison d’ici 2022


Illustration. (©PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN/MAXPPP)

Sur 196 détenus condamnés pour des faits de terrorisme, 75% auront purgé leur peine d’ici 2022 et seront remis en liberté. Le gouvernement a lancé en juillet dernier une unité spécifique chargée de suivre ces détenus à leur sortie de prison.

Le sujet est majeur et continue d’inquiéter. D’ici la fin de cette année, 22 détenus sur 196 définitivement condamnés pour terrorisme, vont sortir de prison. En 2020, plus de la moitié des 196 détenus seront remis à leur tour en liberté. Au total, 75% d’entre eux auront quitté le milieu carcéral d’ici 2022 explique L’Opinion.

Pour faire face à ces sorties de prison, le gouvernement a décidé de lancer en juillet dernier, une unité spécifique dont la mission est de suivre les détenus terroristes ou radicalisés, après leur sortie de prison. Cette « cellule » est hébergée par l’unité de coordination de la lutte antiterroriste (UCLAT) qui monte en puissance explique le quotidien.

920 détenus suivis par le renseignement pénitentiaire, susceptibles de commettre un acte violent

La problématique ne s’arrête pas là. Car derrière les barreaux, plus 500 détenus prévenus ou condamnés pour des faits d’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste sont aussi concernés par ce suivi. Leur nombre a quadruplé en seulement quatre ans. Ils étaient en effet 166 a être suivis par le renseignement pénitentiaire en 2015.

À ce chiffre s’ajoutent les détenus condamnés pour des faits de droit commun qui sont suivis pour leur radicalisation. 920 font l’objet d’un suivi du renseignement pénitentiaire et sont susceptibles de commettre un acte violent, indique le quotidien, citant une source pénitentiaire. 600 d’entre eux sont fichés au FSPRT (le Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste, qui contenait plus de 20 000 noms à la fin 2018, ndlr), et 300 font l’objet d’une évaluation.


Une détection difficile en prison

Interrogé par le journal, Wilfried Fonck, secrétaire national d’Ufap-Unsa Justice pénitentiaire estime que « l’islam radical se développe dans les prisons » depuis près de 10 ans.

Le syndicaliste rappelle par ailleurs que les détenus les plus radicalisés ne portent « pas la plus longue barbe », et prend l’exemple d’Amedy Coulibaly, le terroriste qui a tué la policière municipale de Montrouge, Clarissa Jean-Philippe, et auteur de l’attentat de l’Hyper Cacher. « Il était passé sous les radars parce qu’il collait complètement aux attentes de l’administration carcérale : attitude exemplaire et formation professionnelle », ajoute-t-il.