Propos racistes après une interpellation : les deux vidéastes de l’Île-Saint-Denis déposent plainte


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Les deux hommes à l’origine de la vidéo de l’Île-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) où l’on aperçoit des policiers qui tiennent des propos racistes, ont déposé plainte. Leur avocat affirme qu’ils sont « sont bel et bien victimes » dans cette affaire.

Deux plaintes ont déjà été déposées contre les policiers filmés à l’Île-Saint-Denis, dans la nuit de samedi à dimanche, à la fin d’une intervention. L’une de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) et une seconde de l’association SOS Racisme.

Sur cette séquence diffusée sur les réseaux sociaux, notamment par le journaliste et militant Taha Bouhafs, il est possible d’entendre des policiers échanger des propos : « Il sait pas nager, un bicot ça nage pas », puis des rires, et « ça coule, tu aurais dû lui accrocher un boulet au pied ». Un homme soupçonné de vol sur un chantier à Asnières-sur-Seine venait d’être interpellé après s’être jeté dans la Seine pour tenter d’échapper à la police.

« Ils étaient morts de trouille au moment de tourner cette vidéo »

Les deux auteurs de la vidéo diffusée sur les réseaux sociaux ont à leur tour déposé plainte contre les policiers. Ces derniers ont été entendus en tant que témoins par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), en présence de leur avocat Me Arié Alimi, dans le cadre de l’enquête judiciaire qui a été ouverte.

« Dans cette affaire, mes clients sont bel et bien victimes », a affirmé Me Arié Alimi au journal Le Parisien. « Ils étaient morts de trouille au moment de tourner cette vidéo, et depuis, ils subissent un important préjudice d’anxiété et d’angoisse », a-t-il ajouté.


Les deux plaignants sont victimes de la pression des forces de l’ordre depuis le début de cette affaire, selon leur avocat. Ces derniers expliquent qu’ils ont aperçu les policiers à plusieurs reprises devant chez eux, depuis les faits. C’est ce qui a motivé leur plainte auprès du parquet de Bobigny.

L’avocat des deux hommes réclame un changement de parquet

En outre, Me Arié Alimi estime que c’est au parquet de Bobigny de diriger l’enquête, et non à celui de Nanterre. L’avocat considère que c’est le lieu de commission des faits qui doit déterminer la compétence du parquet, alors que le suspect a bien été interpellé en Seine-Saint-Denis.

Le code de procédure pénale mentionne toutefois que le lieu de résidence des mis en cause peut aussi être pris en compte au moment du choix du parquet. La demande par courrier portée par Me Alimi « va être examinée » a réagi le parquet de Nanterre interrogé sur cette question par le quotidien francilien.