Reims : 13 voitures incendiées, une dizaine dégradées, pompiers et policiers attaqués aux mortiers d’artifice


La nuit de dimanche à lundi a été des plus agitées à Reims, théâtre de violences urbaines. (DR)

La nuit de dimanche à lundi a été mouvementée à Reims (Marne). Des violences urbaines ont éclaté dans deux quartiers de la ville.

Des émeutiers bien organisés ont mis le feu à treize voitures stationnées au niveau de la place Maurice-Utrillo, dans le quartier Croix-Rouge à Reims, la nuit dernière. « On a vu une bande de dix à quinze jeunes, certains cagoulés, d’autres tête nue, avec des trucs dans les mains, comme des bâtons » a témoigné auprès de L’Union une riveraine qui était aux premières loges lorsque les violences urbaines ont débuté.

Les incendiaires ont, semble-t-il, agi dans le silence pour éviter de se faire repérer dans un premier temps. « Ils étaient éparpillés sur le parking et mettaient le feu sous les voitures, sans rien dire. Ils étaient silencieux. Les seuls cris qu’on entendait étaient ceux des habitants », a-t-elle ajouté. En plus des véhicules incendiés, les émeutiers en ont dégradé une dizaine d’autres à coups de battes de baseball ou de barres de fer sur les pare-brises et les rétroviseurs.

Le commissariat était injoignable, selon l’habitante qui a essayé vainement de donner l’alerte : « Je pense que le commissariat était submergé d’appels ». Deux camions de pompiers sont intervenus. Ils ont été accueillis par des tirs de mortiers d’artifice et ont donc été contraints de faire demi-tour.

 

Quelques instants plus tard, c’est escortés par les policiers que les soldats du feu sont revenus sur place. Le calme a été rétabli et les incendies ont été maîtrisés sans qu’aucun blessé ne soit à déplorer. Une enquête a été confiée aux policiers de la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP) de Reims, qui devront faire la lumière sur ces actes violents.

En parallèle à ces événements, le quartier Wilson a lui aussi été en proie aux émeutiers durant cette même nuit. Une voiture de police a notamment été visée par des tirs de mortiers d’artifice, comme en témoigne une vidéo publiée sur les réseaux sociaux.

Pour le moment, les enquêteurs n’ont pas établi de lien entre cette attaque et les heurts qui ont eu lieu dans le quartier Croix-Rouge.

Dans ce dernier secteur, de lourds dégâts matériels ont été recensés. Les vitres d’un véhicule de police qui escortait les pompiers auraient volé en éclats. Sur les bâtiments, des volets ont fondu sous l’effet des tirs tendus de mortiers d’artifice, et des carreaux ont été brisés, relate le quotidien régional. Enfin, 20 m² de broussailles sont partis en fumée près du restaurant Quick situé à l’angle de l’avenue du Général Bonaparte et d’Épernay.

Une possible vengeance contre la police

Ces émeutes pourraient « avoir un lien avec des interpellations difficiles qui se sont faites 48 heures avant ces incidents qui ressemblent fort à un guet-apens pour se venger des forces de police », selon Xavier Albertini, adjoint en charge de la sécurité du maire (LR) Arnaud Robinet, cité par Ouest-France.


« L’État et la DDSP (Direction départementale de la sécurité publique) ont demandé le renfort de forces mobiles pour sécuriser ces deux quartiers. Elles sont en ce moment en cours de mobilisation et devraient intervenir très prochainement », a-t-il ajouté.