Seine-Saint-Denis : Un gérant de PMU soupçonné d’avoir volé 4,5 millions d’euros à un gagnant


Illustration (aureliefrance / Shutterstock)

L’homme comparaît ce mardi devant le tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis), en compagnie d’un de ses employés et de deux salariés du PMU.

Ce gérant d’un bar PMU de Pierrefitte est soupçonné d’avoir escroqué un gagnant du « Quinté plus tirelire » qui avait validé son ticket dans son établissement, en avril 2016. Un employé du bar, un directeur d’agence et un commercial du PMU sont aussi soupçonnés d’avoir pris part, de près ou de loin, à cette manipulation.

Il remporte 4 415 860 € et ne touche que 16 000 €

L’affaire a éclaté après une séparation difficile entre le gérant du PMU et sa compagne. Cette dernière, qui n’aurait pas supporté les conditions de cette rupture, a alerté les autorités en septembre 2018.

Dans sa déposition, elle a affirmé aux enquêteurs qu’un habitué, surnommé « Tonton », avait gagné 4 415 860 euros mais était persuadé n’en avoir remporté que 16 000. Une aubaine pour le gérant du PMU, qui l’aurait conforté dans cette idée.

Le mis en cause aurait gardé le ticket de son client sans le valider et l’aurait emmené à la banque pour lui verser 16 000 euros, relate Le Parisien.


Le gérant touche le pactole

Le gérant du PMU est soupçonné de s’être rendu dans un autre point de vente pour valider le ticket lui-même. Sur place, il aurait dépensé 300 euros pour fêter ce gain, et versé 10 000 euros au commercial du PMU qui l’avait avisé que le ticket gagnant avait été validé chez lui.

Des doutes

La chef d’agence et la responsable de l’audit et des risques du PMU avaient émis des doutes sur cette affaire. Face à leurs réserves, le gérant suspecté de fraude les aurait menacé de prévenir la presse, avant de finalement recevoir son chèque.

Avec cet argent, il aurait entre autres acheté un appartement et deux Porsche.

Une assurance-vie gelée par la justice

L’ancien employé du bar s’est constitué partie civile et a raconté comment son patron l’avait enjoint de dissimuler le journal donnant le résultat de la course qui aurait dû faire la fortune de «  Tonton  ».

L’homme nie les faits qui lui sont reprochés, affirmant à qui veut l’entendre que c’est lui la victime, et que son ex-compagne aurait tout manigancé en se mettant d’accord avec son ancien employé.

Les enquêteurs ont découvert l’existence d’une assurance-vie lui appartenant, qui compte aujourd’hui encore quatre millions d’euros. Les fonds ont été gelés en l’attente du verdict.