Sida : Un deuxième patient atteint du VIH officiellement guéri


Illustration. (Piqsels)

« Nous suggérons que nos résultats représentent une guérison du VIH », ont annoncé ses médecins ce mardi.


« Le patient de Londres » atteint du VIH a bénéficié d’une greffe de cellules souches en mai 2016. Il s’agit, en l’occurrence, d’une transplantation de moelle osseuse avec une mutation génétique rare qui empêche le virus de s’installer. Il n’a montré aucun signe du virus depuis 30 mois, d’après des résultats de tests publiés dans la revue The Lancet HIV, et il est désormais considéré comme « guéri ».

« Nous avons testé un nombre assez considérable de lieux où le virus aime se cacher et pratiquement tout était négatif », a déclaré le Pr Gupta, qui a fait état de restes « fossiles » de virus non actif.

« Le patient de Londres » a un nom

Adam Castillejo, âgé de 40 ans, a reçu une greffe de cellules souches pour le guérir d’une leucémie et du VIH. Il s’agit de la deuxième personne au monde à guérir du SIDA, après « le patient de Berlin ».

L’homme, né au Venezuela, est sorti de l’anonymat pour raconter son histoire au New York Times. Adam Castillejo vivait avec le VIH depuis 2003 avant de se voir diagnostiquer une leucémie en 2012. Une greffe de moelle osseuse d’un donneur présentant une résistance au VIH – une mutation génétique rare qui rend inopérant un récepteur du VIH connu sous le nom de CCR5 – représentait alors son dernier espoir.


Un long combat

En procédant à cette opération, les médecins espéraient pouvoir le guérir des deux maladies, tout comme « le patient de Berlin » environ 10 ans auparavant.

Adam Castillejo a dû faire face à un premier échec en 2015. La lourde opération a été renouvelée avec succès le 13 mai 2016 et d’autres ont suivies. Le quadragénaire a contracté plusieurs infections l’empêchant de manger, et lui causant une perte de poids de 32 kg.

En mars 2019, le virologue Ravindra Gupta de l’University College London (UCL) avait annoncé sa possible guérison, après avoir obtenu les résultats des tests sanguins mensuels effectués pour déterminer son niveau d’infection par le VIH.

Un traitement qui n’est pas universel

« Nos conclusions montrent que le succès de la transplantation de cellules souches comme traitement du VIH, pour la première fois rapportée [en 2007] pour le patient de Berlin, peut être reproduite », ont affirmé les chercheurs.

L’année dernière, Michaela Müller-Trutwin, directrice de recherche à l’Institut Pasteur relativisait toutefois la nouvelle : « Ce n’est pas une thérapie envisageable. Les patients ont reçu une greffe à cause de la leucémie et ont pu bénéficier d’un donneur résistant au VIH. La greffe a été réalisée à cause de la leucémie qui aurait été mortelle », a-t-elle expliqué, faisant état d’un traitement qui ne serait pas viable à grande échelle.

Si le traitement a fonctionné sur ces deux patients, c’est parce que le type de VIH qui les a infectés n’utilise que les récepteurs CCR5. « Environ 50% des gens qui vivent avec le VIH » sont dans ce cas, a indiqué le docteur Timothy J.Henrich, spécialiste du Sida à l’université de San Francisco en Californie au New York Times.

« D’autres formes de virus utilisent d’autres portes d’entrées comme les CCR4. Tout dépend du type de virus contracté par l’individu », précisait Bernard Lagane, chercheur à l’Inserm et spécialiste du VIH, auprès de auprès de Sciences et Avenir en 2019.

Un « ambassadeur d’espoir »

Le professeur Gupta qui s’occupe d’Adam Castillejo a toutefois indiqué : « D’autres patients ont bénéficié d’un traitement similaire, mais aucun n’est aussi loin dans la rémission […]. Il y en aura probablement d’autres, mais cela prendra du temps ».


En l’attente, le « patient de Londres », qui a révélé son identité cette semaine, a déclaré : « Je veux être un ambassadeur d’espoir ».