Emmanuel Macron reconnaît que «le 17 octobre n'avait pas été anticipé» et juge que samedi prochain sera «à risque»

Neuf jours après les violences qui ont frappé la cité phocéenne, le président de la République s'est rendu à l'hôtel de ville, où il a donné raison au maire Benoît Payan sur le manque d'effectifs déployés le 17 octobre.
Emmanuel Macron reconnaît que «le 17 octobre n'avait pas été anticipé» et juge que samedi prochain sera «à risque»
Emmanuel Macron le 30 septembre 2026, à Madrid (Espagne). (Oscar Gonzalez Fuentes / Shutterstock)
Par Actu17
Le lundi 26 octobre 2026 à 13:31

Emmanuel Macron a admis ce lundi, lors d'un déplacement surprise à Marseille, que les forces de l'ordre n'étaient pas assez nombreuses lors des violences du 17 octobre, faute d'anticipation. Le chef de l'État a également salué le travail des policiers et des gendarmes samedi dernier, estimé que la prochaine journée de mobilisation, samedi 31 octobre, serait "à risque" et défendu son choix de ne pas recourir à l'état d'urgence.

Le président de la République s'est exprimé à la mi-journée devant l'hôtel de ville, où il a été accueilli par le maire socialiste Benoît Payan. Il a expliqué être venu "pour être aux côtés de monsieur le maire et ses équipes". Le 17 octobre, plusieurs dizaines de manifestants avaient brièvement pénétré dans le hall de la mairie, cassant du mobilier et renversant un buste de Marianne, tandis que des commerces du centre-ville avaient été saccagés et pillés.

«Pas assez de forces» le 17 octobre

Après ces violences, Benoît Payan avait reproché au chef de l'État le manque d'effectifs déployés à Marseille. Emmanuel Macron lui a donné raison ce lundi. "On n'avait pas du tout anticipé. Le 17 octobre n'avait pas été anticipé", a-t-il déclaré, estimant que "les forces de police n'étaient pas dûment proportionnées". "C'est tout à fait vrai qu'à Marseille comme ailleurs, pas assez de forces le 17 octobre, parce qu'on n'avait pas assez anticipé ce qu'il s'est passé", a-t-il reconnu.

Pour expliquer ce défaut d'anticipation, le président a évoqué des "forces d'extrême gauche mobilisées très tôt le matin, de manière très inhabituelle", auxquelles s'est ajoutée la délinquance.

«L'ordre a été tenu» samedi dernier

Emmanuel Macron a en revanche salué "un très bon travail" des forces de l'ordre samedi 24 octobre, journée au cours de laquelle "l'ordre a été tenu" à Marseille comme dans le reste du pays. "Samedi dernier, les choses ne se sont pas du tout passées de la même manière, les forces étaient proportionnées", a confirmé Benoît Payan.

Le chef de l'État a toutefois prévenu que la prochaine journée de mobilisation serait encore sensible. "Samedi prochain est encore un samedi à risque", a-t-il déclaré, assurant que l'État continuerait "d'être organisé, d'être présent, de protéger les biens, les personnes". Les parcours des manifestations déclarées resteront fixés hors des centres-villes.

Alors que plusieurs voix lui ont reproché de ne pas avoir déclenché l'état d'urgence, Emmanuel Macron a défendu sa ligne. Il a estimé "qu'on tient aujourd'hui la République et l'ordre public sans l'état d'urgence", assurant que l'État avait été rigoureux et ferme.

Des annonces attendues pour les lycéens

Sur le plan social, le président a indiqué avoir "demandé au gouvernement de répondre aux demandes légitimes qui sont à la racine de ce mouvement social". Il a promis des "annonces fortes" pour les lycéens et "des avancées", ainsi que des "chantiers à très court terme". Il a également rappelé l'existence d'un fonds destiné à accompagner les commerçants et artisans, mis en place par l'État et complété par les collectivités et des fonds privés.

Benoît Payan a pour sa part plaidé pour gérer "la sortie de crise". "Il faut des réponses", a déclaré l'élu, appelant à "ne pas monter la police contre les manifestants". "Nous avons vu des apprentis sorciers monter les Français les uns contre les autres", a-t-il ajouté.

Comme lors de son allocution après les violences du 17 octobre, Emmanuel Macron a appelé au calme à l'approche de l'élection présidentielle, prévue au printemps. "À six mois de l'élection présidentielle, c'est le moment du débat, pas de la violence", a-t-il insisté, exhortant à ne pas "se laisser voler l'élection par des professionnels du désordre, des casseurs, des pilleurs et des professionnels du chaos".