Le lundi 26 octobre 2026 à 09:34
Le ministre de l'Intérieur a annoncé 1 435 interpellations lors des manifestations de ce week-end en France. Invité de BFMTV-RMC ce lundi matin, Laurent Nuñez a dressé le bilan de la mobilisation du samedi 24 octobre. Il a qualifié cette journée de "maîtrisée", malgré un "très haut niveau de violence" contre les forces de l'ordre. Il a annoncé que les couvre-feux allaient se poursuivre et qu'un dispositif "extrêmement robuste" serait déployé samedi prochain. Le ministre est également revenu sur l'attentat de Trappes (Yvelines), qu'il attribue à "l'ultradroite".
"La journée a été maîtrisée. Il n'y a pas eu d'incidents graves, malgré la volonté d'en découdre de militants de la mouvance d'ultragauche, d'extrême gauche radicale", a déclaré Laurent Nuñez. "Il n'empêche, nous avons constaté un très haut niveau de violence contre les forces de sécurité intérieure", a-t-il nuancé.
Au total, 1 435 personnes ont été interpellées "sur l'ensemble du territoire national" au cours du week-end. Le ministre a fait état de 267 blessés parmi les forces de l'ordre, "pour la plupart légers". Trois d'entre eux sont grièvement blessés. Selon une estimation, "plus de 150 manifestants" ont également été blessés.
D'après Laurent Nuñez, la mouvance d'ultragauche s'est "greffée au sein des cortèges". Contrairement au 17 octobre, "la mouvance a pu être cantonnée au sein des cortèges", a-t-il souligné.
Manifestations du 24 octobre: Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur, annonce "1.435 interpellations sur tout le territoire" https://t.co/H87U5bJvTL
— BFM (@BFMTV) October 26, 2026
L'ultradroite venue «s'en prendre à la mouvance d'ultragauche»
Le ministre a aussi évoqué la présence de militants d'ultradroite dans plusieurs villes, notamment à Nice (Alpes-Maritimes) et à Montpellier (Hérault). "Nous savions, car il y avait des appels de nombreuses mouvances identitaires et nationalistes à descendre, officiellement, défendre les commerces. Dans de nombreuses villes, comme à Nice ou Montpellier, ce sont effectivement des groupes venus en groupes constitués, principalement pour s'en prendre à la mouvance d'ultragauche", a-t-il expliqué. "Les policiers ont constaté des affrontements auxquels ils ont mis fin. Et à aucun moment, évidemment, la police ne les a protégés", a assuré Laurent Nuñez.
À Nice, onze personnes issues de l'ultradroite ont été interpellées. "Et le procureur de Nice s'est saisi de la constitution de ce groupe", a précisé le ministre.
Un dispositif «extrêmement robuste» samedi prochain
La situation "ne va pas vraiment changer" dans les prochains jours, a prévenu Laurent Nuñez, sur fond de colère sociale. Les couvre-feux vont "bien sûr" se poursuivre, a-t-il indiqué. Les décisions seront prises en lien avec les maires et les préfets. Pour le week-end prochain, un dispositif policier "extrêmement robuste" sera mis en place. La prochaine mobilisation tombe samedi 31 octobre, le jour d'Halloween, une soirée propice aux troubles.
Le ministre est également revenu sur "le gros plantage du 17 octobre que j'assume totalement (...). C'est pour ça que j'ai présenté ma démission, je ne me suis jamais planqué dans ma vie", a-t-il affirmé. "Je n'ai aucun projet politique", a insisté Laurent Nuñez. Il compte rester "aussi longtemps qu'on me fera confiance à mon poste". Le ministre reconnaît "une situation tendue" dans le pays, mais affirme : "On tiendra jusqu'à l'élection présidentielle". "D'ici aux élections, mon travail c'est de maintenir l'ordre public dans la rue", a-t-il ajouté.
Trappes, «c'est du terrorisme»
Interrogé sur l'attentat de Trappes, Laurent Nuñez a estimé que la schizophrénie supposée du suspect ne modifiait en rien la nature des faits. Même si l'auteur est atteint de cette maladie, "ça ne change rien à la gravité de l'acte, au fait que ce soit un attentat terroriste raciste", a-t-il déclaré. "Ça n'enlèvera pas le qualificatif d'attentat terroriste, que les choses soient claires. Ça reste un individu mû par la haine, le racisme et il a tué pour ça. C'est du terrorisme", a tranché le ministre. Il attribue l'attaque à "l'ultradroite" : "c'est clair, net et précis".
Vendredi matin, un homme a ouvert le feu sur six sites différents à Trappes, puis à La Verrière, à l'aide d'une arme automatique et depuis sa voiture. Pengo Bossio Wangi, un homme de 26 ans, a été tué. Cinq personnes ont été blessées, parmi lesquelles une fillette de 12 ans. Le suspect, Kévin T., âgé de 39 ans, a été transféré samedi soir à l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police (IPPP) pour y être placé en observation. Sa garde à vue a été suspendue pendant cette période. Selon le parquet national antiterroriste (PNAT), l'analyse toxicologique a révélé la présence de cannabis et de cocaïne dans son sang. D'après LCI, il suit un traitement contre la schizophrénie.