Le mercredi 11 février 2026 à 16:23
La confiance des Français dans la gendarmerie et la police reste élevée et progresse, selon la 17e vague du baromètre de la confiance politique du CEVIPOF, réalisée par OpinionWay auprès de 3166 personnes inscrites sur les listes électorales et publiée ce lundi. Si les forces de l'ordre bénéficient d'une image solide, la justice, elle, continue d'être majoritairement perçue comme "trop laxiste". Près de neuf Français sur dix se déclarent par ailleurs favorables à la création de prisons de très haute sécurité.
La gendarmerie recueille 77% de confiance (24% "très confiance" et 53% "plutôt confiance"), ce qui la place au 6e rang des institutions testées, derrière les artisans (84%), la science (82%), les petites et moyennes entreprises (80%), les hôpitaux (79%) et les agriculteurs (78%). La police obtient 73% de confiance (19% "très confiance" et 54% "plutôt confiance"), en hausse de deux points par rapport à janvier 2025. L'armée se situe entre les deux, à 75%. À titre de comparaison, la justice ne recueille que 42% de confiance, les médias 29% et les partis politiques 15%.
À l'échelle européenne, la confiance dans la police place la France dans la moyenne haute. L'Allemagne et l'Italie affichent des niveaux comparables, avec 72% chacune, tandis que le Royaume-Uni se distingue par un score nettement plus bas, à 61%.
Une justice perçue comme laxiste et des peines jugées insuffisantes
Malgré cette confiance accordée aux forces de l'ordre, le regard porté sur la justice reste sévère. Interrogés sur les caractéristiques les plus représentatives de la justice actuelle, 44% des sondés estiment en premier lieu qu'elle est "trop laxiste". Ils sont 41% à considérer qu'elle "n'a pas assez de moyens" et 31% à la juger "politisée". Seuls 5% des personnes interrogées la trouvent "efficace" et 7% estiment qu'elle "traite tout le monde à égalité".
Ce sentiment de laxisme se traduit concrètement dans la perception des peines prononcées. Une large majorité de Français les juge insuffisantes, quel que soit le type d'infraction. C'est le cas pour les agressions sexuelles (83% estiment les peines insuffisantes), les délits de harcèlement (80%), les délits commis par le personnel politique (77%), la petite délinquance comme les cambriolages et les agressions (75%), les crimes de sang et le grand banditisme (75%), ainsi que les délits financiers (70%).
Prisons : un soutien massif aux établissements de très haute sécurité
Du côté du monde carcéral, 61% des Français considèrent que "malgré la surpopulation carcérale, les conditions de détention en prison sont aujourd'hui trop favorables aux détenus". En parallèle, le regard porté sur les agents de l'administration pénitentiaire est largement positif : 85% des sondés estiment qu'ils exercent un métier dangereux, 84% qu'ils manquent de moyens pour accomplir correctement leur mission et 80% qu'ils font preuve de professionnalisme malgré des conditions difficiles. Ils sont également 67% à considérer que ces agents sont mal rémunérés.
Dans ce contexte, 89% des Français se déclarent favorables à la création de prisons de très haute sécurité réservées aux criminels les plus dangereux — terroristes, grands narcotrafiquants et chefs de réseaux criminels —, dont 58% "très favorables". Ce soutien est partagé à l'échelle européenne : 92% au Royaume-Uni, 86% en Italie et 83% en Allemagne.
La question du rétablissement de la peine de mort divise quant à elle les Français : 48% s'y déclarent favorables, un chiffre en recul d'un point par rapport à l'année précédente. Le Royaume-Uni est le pays le plus favorable au rétablissement de la peine capitale (54%), devant la France, l'Italie (39%) et l'Allemagne (35%).
Plus largement, la sécurité figure parmi les domaines dans lesquels les Français souhaitent voir les collectivités locales gagner en autonomie : 47% la citent au total, au même niveau que la santé et la vie économique, même si ces deux dernières sont davantage citées en premier choix. Cette enquête s'inscrit dans un climat général marqué par la méfiance et la lassitude, deux sentiments qui caractérisent l'état d'esprit de 45% des personnes interrogées.