Narbonne : La famille de Louis, 17 ans, battu à mort dans un guet-apens, dénonce un «système à la dérive»

Deux communiqués, publiés le même jour, pour un même appel au rassemblement. La mère de Louis et la famille maternelle de l'adolescent, tué à Narbonne, invitent à une marche blanche ce dimanche et attendent une justice sans concession.
Narbonne : La famille de Louis, 17 ans, battu à mort dans un guet-apens, dénonce un «système à la dérive»
Louis était âgé de 17 ans. (DR)
Par Actu17
Le samedi 4 juillet 2026 à 17:55

La mère de Louis, 17 ans, battu à mort à Narbonne (Aude) le 19 juin dernier, et la famille maternelle de l'adolescent ont publié, ce vendredi 3 juillet, deux communiqués distincts appelant à une marche blanche dimanche. Elles reviennent sur le parcours du jeune homme, réclament une réponse judiciaire ferme et interpellent sur les responsabilités institutionnelles, alors que cinq jeunes ont été mis en examen et écroués.

Jusqu'ici restée silencieuse, la mère de Louis a pris la parole pour la première fois dans un communiqué. Elle y explique le sens qu'elle donne à ce qu'elle nomme "la dernière marche", car "plus aucun de nos enfants ne devrait être enlevé à sa famille comme Louis l'a été". Elle en appelle à un esprit de rassemblement, souhaitant "réunir" et non "diviser". Elle y voit "le combat de tous les parents de ce pays, quelle que soit leur origine, pour que plus jamais un enfant ne soit la victime innocente de la barbarie et de la haine".

La mère de l'adolescent précise également les conditions dans lesquelles elle espère voir se dérouler l'événement. Celui-ci est ouvert "à tous nos concitoyens. Et à tous les politiques qui souhaitent réellement se saisir du sujet de l'ultra-violence et du sentiment d'impunité qui gangrènent notre pays, et y apporter des réponses concrètes. Pas des paroles ni des déclarations d'intention, vite oubliées jusqu'au prochain drame", écrit-elle. "J'en appelle à la responsabilité de tous pour que cette marche soit un symbole digne de la mémoire de Louis", conclut-elle.

Une «spirale infernale de harcèlement et de violences»

Plus tôt dans la journée, la famille maternelle de Louis s'était elle aussi exprimée, par la voix de son avocat Me Louis Cailliez. Elle y décrit "l'enfance très difficile" du jeune homme et ses "fragilités psychologiques", qui l'ont conduit à être "temporairement placé au sein du foyer de l'ASE" (Aide sociale à l'enfance) à Narbonne, le 24 avril dernier.

Selon ce communiqué, Louis a "vraisemblablement été entraîné dans une spirale infernale de harcèlement et de violences jusqu'à son assassinat le 19 juin dernier dans les conditions les plus barbares, sauvages et inhumaines qui soient". Remerciant "certains éducateurs de l'ASE" qualifiés d'"exemplaires de dévouement dans un système à la dérive", ainsi que les enquêteurs, la famille maternelle dit placer sa confiance "dans les mains du magistrat instructeur" pour que "les peines prévues par le Code pénal" soient "implacablement" appliquées aux suspects, lesquels "ne méritent aucune excuse, y compris de minorité".

La famille maternelle entend par ailleurs mettre en cause d'éventuelles responsabilités institutionnelles. Par la voix de son avocat, elle indique veiller à ce qu'aucune responsabilité pénale "ne soit éludée au regard notamment des fautes commises au sein des instituts médicaux et/ou sociaux".

Deux marches blanches ce week-end

Deux marches blanches sont prévues ce week-end. Celle voulue par la mère et la famille maternelle, "la dernière marche", se tiendra dimanche à 11 heures à Narbonne. Une autre, organisée par le père de l'adolescent et voulue apolitique, doit s'est déroulé ce samedi à 15 heures à Carcassonne.

Cinq suspects mis en examen

Les faits se sont produits vendredi 19 juin. Louis a été battu à mort dans un guet-apens sur le site d'un chantier, quai d'Alsace, à Narbonne. Retrouvé inconscient le lendemain matin par un ouvrier, il a été transféré à l'hôpital de Perpignan (Pyrénées-Orientales), où il a succombé à ses blessures le 23 juin. C'est la diffusion d'une vidéo de l'agression sur les réseaux sociaux qui a permis d'identifier les suspects.

Cinq jeunes, trois mineurs et deux majeurs âgés de 19 ans, ont été interpellés puis mis en examen pour tentative d'assassinat, qualification retenue avant le décès de l'adolescent. Ils ont été placés en détention provisoire.