Soupçonné de crime de guerre et d’avoir été un cadre de l’État islamique, il est remis en liberté


Le siège de la DGSI à Levallois-Perret. (photo IP3 PRESS/MAXPPP ©)

Ce réfugié irakien soupçonné notamment d’avoir été un cadre du groupe État islamique (EI) avait été interpellé en mars 2018 par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).


Ahmed H., un réfugié politique irakien vivant à Lisieux dans le Calvados, est le seul en France à avoir été mis en examen pour crimes de guerre et assassinats terroristes. L’homme est sorti de prison et a été remis en liberté ce jeudi révèle Le Parisien.

Ce dernier avait été interpellé en mars 2018 dans son immeuble de Lisieux par la DGSI. La perquisition de son logement n’avait pas révélé de projet terroriste, ni même les écoutes téléphoniques.

Ahmed H. est toutefois soupçonné d’avoir été un cadre de Daech et d’avoir également participé au massacre du camp de Speicher en juin 2014 à Tikrit, au nord de Bagdad (Irak). Près de 1700 soldats chiites avaient été tués par les combattants de l’EI.

Il affirme qu’il était un espion pour l’Irak et les États-Unis

Pour sa défense, le mis en cause a affirmé qu’il était un espion qui travaillait pour les services irakiens et américains, ajoutant qu’il n’avait pas participé au massacre de Tikrit. Une note de FBI confirme par ailleurs qu’il a bien travaillé pour les services secrets irakiens, mais qu’il aurait également aidé des terroristes à pénétrer en Europe.


L’avocat d’Ahmed H., Me Mohamed El-Monsaf Hamdi, affirme de son côté que l’enquête ne repose que sur des déclarations de l’État Irakien.

Le mis en cause avait rejoint l’Europe à l’automne 2015 après avoir abandonné sa femme et ses deux enfants. Il avait alors obtenu le statut de réfugié politique en France et s’était installé à Lisieux. Après son interpellation, il a été placé en détention provisoire à la prison de Fleury-Mérogis (Essonne). Il avait tenté de mettre fin à ses jours dans sa cellule, le 17 avril de la même année.