Soupçonnés de radicalisation, 2 policiers affectés en région parisienne ont été désarmés


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Moins d’une semaine après la tuerie de la préfecture de police de Paris, deux policiers affectés en région parisienne ont été désarmés. Les signalements dans la police nationale se sont multipliés ces derniers jours.

La crainte de découvrir d’autres fonctionnaires qui tenteraient de dissimuler leur radicalisation est bien réelle dans les rangs de la police nationale. Alors que le nombre de signalement est en augmentation depuis quelques jours, deux policiers affectés en région parisienne ont été désarmés, l’un a dans le même temps été suspendu rapporte Le Parisien.

Le préfet de police Didier Lallement a diffusé une note ce lundi 7 octobre à destination de l’ensemble des services, dans laquelle il appelle « les directeurs de service à signaler immédiatement à [leur] hiérarchie les signes d’une possible radicalisation d’un agent ».

Des exemples qui doivent attirer l’attention sont ensuite cités : « un changement physique, vestimentaire, alimentaire, le refus de serrer la main du personnel féminin, un repli sur soi ou un rejet de l’autorité ou de la vie en collectivité ». Une note qui n’est probablement pas étrangère à l’augmentation des signalements au sein de la police.

Un officier de police de 39 ans suspendu

Un capitaine de police a déjà fait l’objet d’une mesure disciplinaire. Ce dernier est affecté à la brigade d’exécution des décisions de justice (BEDJ), un service de la Direction régionale de la police judiciaire de la PP (DRPJ) chargé de traquer les fugitifs. Âgé de 39 ans, le fonctionnaire a été désarmé et suspendu « par principe de précaution » explique le quotidien.


Cet officier avait déjà fait parler de lui en 2011 alors qu’il venait d’épouser une avocate de confession musulmane. Ses collègues avaient indiqué qu’il restait à l’écart, refusait tout contact avec ses collègues féminines et qu’il se laissait pousser la barbe, priant durant son temps de service.

L’enquête de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) et de la Direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP) avait permis de déterminer que ce policier n’était pas radicalisé. En 2018, il a été muté sur un poste différent où il est en charge du Fijait, le fichier qui recense les auteurs d’infractions terroristes.

Malgré son divorce et le fait qu’il est moins isolé, ses collègues craignent tout de même une « taqiya ». Il s’agit d’une pratique prônée par les islamistes, consistant à dissimuler ou à nier sa foi, pour ne pas être remarqué.

Un policier de 34 ans désarmé

Un second policier a lui aussi été désarmé. Affecté au commissariat de Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine), il est âgé de 34 ans et n’a quant à lui pas été suspendu. Converti à l’islam, il avait déjà été révoqué de la police nationale en septembre 2018 avant que le tribunal administratif annule cette sanction. En plus de refuser les contacts avec les femmes, il appelait les jeunes adjoints de sécurité (ADS) à faire la prière.

Il avait également croisé l’auteur de l’attaque contre des militaires à Levallois-Perret en août 2017 (six avaient été blessés, dont trois gravement ndlr), et avait également prêté son arme ainsi que son badge police à un ami du terroriste, pour une photo. Interrogé par l’IGPN en décembre 2017, le fonctionnaire avait affirmé n’avoir « aucun lien » avec le terroriste. Il avait aussi déclaré ne plus saluer les femmes « par pudeur », suite à son mariage.