Strasbourg : Jugé pour avoir frappé un policier au commissariat, une vidéo montre l’inverse, l’IGPN saisie


Illustration. (©PHOTOPQR/LE PARISIEN/Maxppp)

Un homme de 21 ans était jugé ce mardi pour vol mais également pour avoir frappé un policier. Il a finalement été relaxé pour les faits de violences. Des vidéos montrent qu’il a en fait été frappé par un fonctionnaire.

L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie par le parquet dans cette affaire.

Un jeune prévenu de 21 ans était jugé ce mardi dans le cadre d’une comparution immédiate au tribunal de Strasbourg (Bas-Rhin) pour avoir volé un vélo près de la gare, dans la nuit du 27 au 28 mai, mais également pour avoir donné une fausse identité aux policiers et pour des violences contre l’un des fonctionnaires, raconte les Dernières nouvelles d’Alsace.

Les forces de l’ordre ont détaillé dans leur procès-verbal qu’un policier s’était luxé l’épaule en voulant maîtriser le mis en cause qui était alcoolisé, alors que celui-ci aurait tenté de porter un coup de poing au fonctionnaire.

Une version qui a été mise à mal par les vidéosurveillances dont les images, versées au dossier, ont été diffusées durant le procès.


Le mis en cause reçoit un coup de poing

L’avocat du prévenu, Me Kaoutare Choukour, a en effet réclamé que le tribunal visionne ces images, pour démontrer que son client avait en fait été victime de violences de la part des policiers. Sur cette séquence, il est possible de voir un policier qui démenotte le mis en cause, le pousse violemment contre une porte, avant de lui porter un coup au visage, en saisissant sa veste, décrit le quotidien.

« Une violence gratuite. C’était choquant, c’était scandaleux, c’était inadmissible », a insisté l’avocat du prévenu, à RTL. Après avoir été démenotté, « mon client a un geste défensif et le policier lui a mis un coup de poing », a-t-il précisé.

Une enquête ouverte pour violences

Le parquet a annoncé au cours de l’audience que l’IGPN serait saisie concernant cette affaire, ce qui est désormais chose faite. Une enquête du chef de violences commises par un dépositaire de l’autorité publique a été ouverte.

Par ailleurs, le policier qui a retranscrit partiellement les images de vidéosurveillances sur son procès-verbal pourrait être visé par ces investigations, tout comme la policière qui a donné une version similaire à celle de son collègue directement concerné, dans son audition.

Le prévenu de 21 ans a tout de même été condamné pour le vol de vélo en récidive, à 4 mois de prison. Une peine qui pourra être aménagée.