Tahar Mejri qui avait perdu sa femme et son fils de 4 ans lors de l’attentat de Nice, est décédé


Tahar Mejri, Olfa et Kylan son fils. (photos Facebook)

Il avait perdu sa femme et son fils dans l’attentat de Nice le 14 juillet 2016, Tahar Mejri est décédé ce mercredi à l’âge de 42 ans.

Son visage et sa détresse avaient bouleversé le monde entier. Sa femme Olfa et son fils Kylan ont été tués lors de l’attentat de Nice le 14 juillet 2016 sur la promenade des Anglais à Nice (Alpes-Maritimes), après avoir été fauchés par le camion bélier conduit par Mohamed Lahouaiej Bouhlel. Tahar Mejri est décédé ce mercredi.

« Ma femme est morte devant moi, au sol », avait-il raconté à Nice-Matin peu après l’attentat. Le soir du drame, alors qu’il s’était rendu sur la promenade des Anglais pour tenter de retrouver sa femme et son fils qui assistaient au feu d’artifice du 14 juillet, il n’avait rien pu faire pour sauver sa compagne.

48 heures après l’attentat, il avait appris le décès de son fils

Tahar Mejri s’était alors lancé à la recherche de son fils de 4 ans, Kylan, introuvable. Après avoir lancé un appel à témoins sur les réseaux sociaux, le père de famille avait appris la mort de son jeune fils 48 heures plus tard, le 16 juillet. Sa détresse et sa souffrance étaient inqualifiables.

« Victime de grandes souffrances, il était à la fois très touchant et reconnaissant du travail effectué pour la mémoire », a expliqué Anne Murris, la présidente de l’association Mémorial des Anges, qui a annoncé la mort de Tahar Mejri sur Facebook avec le titre « Mourir d’aimer… ».


Tahar Mejri avec sa femme Olfa et son fils Kylan. (photo non datée / Facebook)

La piste du suicide n’est pas privilégiée à ce stade

« Il n’allait pas bien. J’ai tout fait pour apaiser ses souffrances. Je n’ai pas réussi… », a déclaré sa compagne Rachel, au quotidien régional. « Au début, il se laissait aller. Ça a été dur de le relever. Puis on s’est aimés. Ces derniers temps, je l’ai senti fatigué. La semaine dernière, il m’a dit : “Rachel, j’ai fait un rêve. Olfa m’a téléphoné. Elle dit que Kylan pleure son papa, qu’elle ne peut plus le tenir. Qu’il faut que je vienne ».

Une enquête a été ouverte et confiée à la sûreté départementale. Pour l’heure, aucun élément ne permet aux policiers de s’orienter vers la piste du suicide.

« Il était en permanence avec Kylan, enfermé dans sa souffrance »

« On a essayé de lui insuffler une envie, avec des projets de vie. Mais il était en permanence avec Kylan, enfermé dans sa souffrance. Un papa lié à jamais à son fils, qui voulait des réponses à ses questions », a confié son avocate Me Cathy Guittard. Par ailleurs, Tahar Mejri s’était constitué partie civile et ne supportait pas que les procédures soient aussi longues et que certains suspects aient été remis en liberté.

« Que faire pour ne pas tomber dans ce type de dérive ? La prise en charge des victimes montre ses limites face à la souffrance humaine. Les dégâts peuvent survenir longtemps après, avec des retours de bâton très violents », a expliqué Anne Murris dont la fille a été tuée lors de l’attentat de Nice.