Toulouse : Inconsciente après une tentative de suicide, un cambrioleur pénètre chez elle et la dépouille


Illustration. (Shutterstock / Ricardo Reitmeyer)

Un jeune homme a été condamné après un cambriolage qu’il a commis samedi, à Toulouse (Haute-Garonne). L’occupante du logement était allongée au sol, inconsciente, après une tentative de suicide. Le voleur l’a enjambée et dépouillée avant de s’enfuir sans alerter les secours.

Les faits pour lesquels un jeune Algérien de 24 ans était jugé ce lundi après-midi au tribunal correctionnel de Toulouse ont de quoi laisser pantois. Le prévenu comparaissait notamment pour « non-assistance à personne en danger », relate La Dépêche.

Samedi peu après 4 heures du matin, lui et son complice mineur ont été repérés par le Centre de supervision urbain (CSU) de la Ville rose en train de pénétrer dans un appartement en passant par sa fenêtre. Le mineur faisait le guet au niveau de ce logement du rez-de-chaussée d’un immeuble situé dans la rue Pargaminières.

Les policiers découvrent l’habitante gisant au sol

Les deux suspects sont repartis quelques instants plus tard, smartphone volé en main. Les policiers n’ont pas eu de mal à les retrouver et à les interpeller peu de temps après, dans le secteur Esquirol. Mais le simple cambriolage a pris une autre dimension lorsque les policiers se sont rendus au domicile de la victime pour procéder aux constatations.

Stupeur au moment où les fonctionnaires sont entrés dans l’appartement. Ils ont découvert une jeune femme inanimée qui gisait au sol. Après avoir sans doute imaginé que des violences graves avaient été commises, ils ont compris qu’elle avait en fait essayé d’attenter à ses jours. La jeune femme avait laissé un mot au titre évocateur : « À tous ceux que j’aime ».


La victime dans un état critique

Les secours ont été alertés et ont rapidement pris en charge la malheureuse, qui se trouvait entre la vie et la mort après avoir absorbé massivement des médicaments. Elle a été conduite à l’hôpital au service réanimation.

À l’audience qui s’est tenue ce lundi après-midi, le procureur de la République Thierry Pons a regretté ne pas avoir de nouvelles de la jeune femme. Le mineur a été confié aux magistrats du tribunal pour enfants, tandis que son complice comparaissait seul devant la justice.

Ce dernier, qui a mené des études de droit en Algérie d’où il est natif, se trouvait en France depuis quelques mois seulement pour tenter de percer dans le football, selon son avocat. À la barre, le prévenu a assuré que ce soir-là, il était ivre et que le vol avait duré à peine deux minutes. Pas assez pour se rendre compte qu’elle n’était pas en train de dormir, donc.

Des déclarations compromettantes en garde à vue

Son avocat abondé dans son sens, affirmant qu’il n’avait « pas pris la mesure » de l’état de santé alarmant de la jeune femme. Pourtant, comme l’a souligné le président du tribunal, le suspect avait fait une déclaration compromettante devant les enquêteurs lors de sa garde à vue, en l’espèce : « Ça me paraissait bizarre et c’est vrai, j’aurais dû l’aider ».

L’appartement ayant été fouillé de fond en comble, « vous l’avez forcément enjambée à plusieurs reprises ! », ont lancé les magistrats. Face à l’évidence, le jeune homme a déclaré qu’il reconnaissait ses erreurs. « Je m’excuse », a-t-il dit, ajoutant un peu tardivement : « Je voudrais avoir de ses nouvelles. Est-ce que vous savez si elle va bien ? ». Une question restée en suspens.

Une mise en parallèle hasardeuse

Le ministère public a requis 18 mois de prison ferme à son encontre. Pour sa part, l’avocat de la défense Me Fargues s’est avancé à mettre en parallèle « nos jeunes » dont certains souhaitent « mettre fin à leur vie », et « d’autres du même âge » qui « font tout pour venir dans notre pays afin d’y survivre ».

Il n’a pas convaincu le tribunal qui a condamné le prévenu, au casier judiciaire vierge jusqu’ici, à 18 mois de prison dont 6 mois de sursis probatoire. Le jeune homme a été maintenu en détention.