«Un bicot, ça ne nage pas» : jusqu’à six mois de prison ferme pour six policiers

Illustration. (shutterstock)

Six policiers ont été condamnés ce jeudi par le tribunal correctionnel de Bobigny (Seine-Saint-Denis) à des peines allant jusqu’à six mois de prison ferme, pour des violences et des insultes racistes lors d’une intervention à l’Île-Saint-Denis en avril 2020.

« Un bicot comme ça, ça nage pas », « ça coule, tu aurais dû lui accrocher un boulet au pied » avaient lâché des policiers suite à l’interpellation d’un Égyptien en avril 2020, à l’Île-Saint-Denis. Les fonctionnaires, qui avaient été filmés par un témoin, ont écopé ce jeudi de peines allant jusqu’à six mois de prison ferme.

Quatre d’entre eux ont été condamnés à un an de prison dont six mois ferme pour « violences en réunion par personne dépositaire de l’autorité publique ». Des peines supérieures à celles requises par le parquet de Bobigny qui n’avait pas retenu les violences dans ses réquisitions, mais seulement les insultes.

Un cinquième prévenu a écopé de six mois de prison avec sursis pour « injures racistes », et un sixième a été condamné à 12 mois de prison avec sursis pour « non-empêchement d’un délit ». Quatre des prévenus ont également fait l’objet d’une interdiction d’exercer pendant un an.

Cinq jours d’exclusion ferme

Le jour des faits, le 26 avril 2020, les policiers sont intervenus dans le cadre d’un vol en réunion sur un chantier, qui se situe sur l’avenue des Grésillons à Gennevilliers. L’auteur présumé a alors pris la fuite en voiture avec son complice. Les deux hommes ont finalement décidé d’abandonner leur véhicule. L’un des fuyards a pris la fuite à pied et a été arrêté, le second s’est quant à lui jeté dans la Seine pour échapper aux policiers. Il a finalement été interpellé sur l’autre rive, en Seine-Saint-Denis. Les policiers ont récupéré le fuyard dans l’eau. Ce dernier faisait l’objet d’une fiche de recherche depuis mai 2019.

La diffusion de cette vidéo amateur par le journaliste Taha Bouhafs avait provoqué une vague d’indignation. En octobre dernier, deux gardiens de la paix accusés d’avoir tenu ces propos racistes ont écopé de cinq jours d’exclusion ferme. Une sanction, assortie de 10 jours d’exclusion temporaire de fonction avec sursis, qui était supérieure aux recommandations du conseil de discipline de la préfecture de police.