Un diplomate français mis en examen pour «terrorisme» visant la communauté musulmane


Le siège de la DGSI à Levallois-Perret. (photo NemesisIII / Wikimedia)

Le groupuscule dont il fait partie, nommé AFO pour « Action des forces opérationnelles », envisageait notamment d’empoisonner la nourriture halal.

Ce haut-fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères, ancien consul adjoint au Gabon et adjoint à l’ambassadeur de France au Salvador, a été intercepté par les enquêteurs de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) dès son retour en France. Le 2 juin dernier, trois policiers attendaient Marc-Antoine G. à l’aéroport de Roissy et ont procédé à son interpellation.

Un profil atypique

Soupçonné de faire partie du groupe AFO, il a été placé en garde à vue à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), siège de la DGSI. À l’issue de cette mesure, cet homme au profil atypique dans ce genre d’affaire a été mis en examen pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle ». Suspendu de ses fonctions, il fait actuellement l’objet d’un contrôle judiciaire avec interdiction de quitter le territoire national.

Des projets d’attentat avancés

Composé d’hommes et de femmes âgés de 33 à 70 ans, le groupuscule AFO, islamophobe, occupe les enquêteurs de la DGSI depuis de nombreux mois. Et pour cause, des projets d’attentats ont été mis au jour par les policiers spécialisés : empoisonnement de nourriture halal en supermarchés, meurtre d’imams, attaques de mosquées, lancer d’explosifs dans des voitures conduites par « des Nord-Africains » notamment, relate Le Parisien.

Lors de ses auditions, le diplomate français a avoué que « le projet initial de l’AFO consistait, lors d’une attaque terroriste de type 13 Novembre, à être en mesure dans les heures qui suivaient de frapper à travers toute la France des cibles reconnues comme étant radicales ».


Chef de la branche Ile-de-France de l’AFO

Usant du pseudonyme « Cortes », Marc-Antoine G. avait été promu chef de la branche IDF du groupuscule, en août 2017. Une promotion qu’il doit à Guy Sibra, ancien policier et fondateur de l’AFO.

L’enquête a permis de démontrer que le diplomate continuait d’agir depuis son poste au Salvator et qu’il avait recruté des membres, notamment un militaire chargé de confectionner des explosifs au TATP. Il envisageait également de ramener des armes via la valise diplomatique, si l’on en croit la liste d’armes retrouvée chez lui en perquisition.

Une « opération halal »

L’enquête a démontré qu’il avait participé à une réunion de l’AFO en mai 2018 au cours de laquelle l’« opération halal » avait été validée. Le projet d’attentat consistait à injecter de la digitaline ou de la mort-aux-rats dans des produits destinés aux musulmans.

Marc-Antoine G. a reconnu y avoir participé tout en affirmant avoir été « écoeuré » par ce projet. « On ne peut pas faire plus lâche et traître que ce projet » a-t-il déclaré.

Le diplomate âgé de 52 ans est le 14ème suspect mis en examen dans ce dossier au long cours.