Un policier condamné à 4 mois de prison avec sursis pour avoir giflé un manifestant le 1er mai


Illustration © Actu17

Samuel E., un brigadier-chef de police âgé de 41 ans affecté à la Compagnie de sécurisation et d’intervention (CSI) de Paris, était jugé ce jeudi par le tribunal correctionnel de Paris pour avoir porté deux gifles à un manifestant le 1er mai dernier.

Il a admis avoir commis « une erreur ». Un policier de la CSI 75 était jugé ce jeudi par le tribunal correctionnel de Paris pour des faits de « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique ». Il a écopé d’une peine de 4 mois de prison avec sursis et devra verser 1000 euros de dommages et intérêts.

Le fonctionnaire a été reconnu coupable d’avoir porté une paire de gifle à un manifestant le 1er mai dernier, lors de la mobilisation intersyndicale pour la fête du travail. Une scène qui avait été filmée. Yohann M. qui était partie civile, s’est vu attribuer 21 jours d’ITT (Incapacité totale de travail).

« Casse toi connard »

Des heurts avaient éclaté peu avant le départ du cortège ce jour-là, vers 14h30. Sur une vidéo où l’on aperçoit la scène, Samuel E. lance « casse toi connard » à un manifestant avant de l’extirper du groupe dans lequel il se trouve. Le prévenu a expliqué que Yohann M. avait rétorqué « casse-toi, toi ». Le policier a indiqué qu’il avait entendu « casse-toi sac à merde ». Une version que le manifestant a réfuté.

C’est à ce moment que Samuel E. s’est avancé vers le manifestant, et lui a porté les deux gifles. Les deux hommes ont campé sur leurs positions. Par ailleurs, la victime a indiqué que les gants du policier étaient renforcés. Le prévenu a insisté sur le fait que ses gants étaient en cuir : « Ce sont des gants de maintien de l’ordre ».


« Je suis souvent amené à bosser avec des policiers, mais je n’ai plus confiance. Je veux pouvoir aller manifester sans avoir la peur au ventre », a déclaré Yohann, 45 ans.

« J’avais 20 manifestations de Gilets jaunes dans les jambes, plus violentes les unes que les autres »

Interrogé par le tribunal, Samuel E. a replacé les faits dans le contexte des mois précédents durant lesquels de nombreuses manifestations de Gilets jaunes s’étaient déroulées dans un climat de violence. « Au moment des faits, j’avais 20 manifestations de Gilets jaunes dans les jambes, plus violentes les unes que les autres et avec des blessés tous les soirs. On a été rappelés tous les samedis, même quand on ne travaille pas, notre vie sociale en prend un coup. C’est une usure physique et psychologique ».

Un supérieur hiérarchique indirect du prévenu a apporté son témoignage durant l’audience. Ce commissaire enseigne aussi le maintien de l’ordre. « Personne ne peut comprendre que pour Samuel E. le danger est imminent et il doit intervenir vite. La violence légitime est nécessaire à ce point-là. Pour la gifle, je pense qu’on est à la limite de l’état de nécessité », a-t-il estimé. Des propos qui ont fait bondir Me Anne Giovando, l’avocate de la partie civile.

« Je n’ai jamais voulu vous blesser, ni vous humilier »

A la fin de l’audience, le policier a présenté ses excuses à Yohann M. « Je n’ai jamais voulu vous blesser, ni vous humilier », a-t-il ajouté, admettant dans le même temps avoir « commis une erreur ».

La procureure de la République a requis une peine de cinq mois de prison avec sursis à l’encontre du policier. Ce dernier a finalement été condamné à une peine de quatre mois de prison avec sursis.