Un pompier de Paris écope de 12 ans de prison pour le viol d’une policière dans les Yvelines


La caserne Blanche des sapeurs-pompiers de Paris située dans le 9e arrondissement. (Google view)

Un homme âgé de 40 ans, pompier de Paris, a écopé d’une peine de douze ans de réclusion criminelle ce mercredi par la cour criminelle départementale des Yvelines pour le viol d’une policière hors service qui se trouvait devant la porte de son appartement, à Guyancourt (Yvelines), dans la nuit du 1er au 2 février 2020.

Le procès s’est déroulé mardi et mercredi devant la cour criminelle départementale des Yvelines, à Versailles. L’accusé de 40 ans, sapeurs-pompiers de Paris, a reconnu les faits reprochés lors de ses premières déclarations à la barre. Il les avait jusqu’ici toujours niés.

La victime, policière, a été violée dans la nuit du 1er au 2 février 2020 vers 4 heures du matin. Cette nuit-là, elle rentrait chez elle à Guyancourt après avoir passé la soirée à Paris avec une amie détaille Le Figaro. Après avoir garé sa voiture, elle s’est dirigée vers son appartement et a constaté qu’un homme la suivait. Celui-ci a fait mine de frapper à la porte du voisin de palier au premier étage. « Vous ne me connaissez pas mais moi je vous connais. Vous vivez seule », a certifié l’inconnu à cette femme de 40 ans, qui l’a éconduit.

La victime prise au piège se met à hurler

Alors qu’elle ouvrait la porte de son domicile, l’homme à l’imposant gabarit – 1m90 pour 90 kg – a surgi et a poussé la victime dans l’appartement avant de la plaquer par terre et de s’allonger sur elle, lui mettant la main sur la bouche. Elle est ensuite étranglée et menacée de mort. Il fait noir et elle suffoque. L’agresseur viole la fonctionnaire de police avec ses doigts. Après un interminable moment d’horreur, la victime finit par réussir à s’extraire tant bien que mal. Elle se met à hurler tandis que son agresseur prend la fuite. Deux voisins verront le suspect quitter les lieux à bord de sa voiture.

Les enquêteurs ont rapidement identifié le mis en cause, un sapeurs-pompiers de Paris âgé alors de 39 ans, père de deux enfants. Il était déjà connu des services de police pour des faits d’abandon de famille en 2012. Ses empreintes avaient été relevées à cette époque par les services de police. Elles ont été retrouvées sur un bracelet de montre qu’il avait perdu chez la victime de ce viol sordide. Orlando M. a été interpellé le 5 février 2020 au 1er Groupement d’incendie et de secours de la 7e compagnie, à la caserne Blanche à Paris (IXe), où il travaille en tant que chef cuisinier, par les policiers de la sûreté départementale des Yvelines.

Un autre élément l’a mis directement en cause : son téléphone a borné sur le lieu des faits selon le quotidien. Le lendemain, il avait également effectué des recherches en ligne avec les mots « Guyancourt » et « viol ».

« Quand il m’étranglait et me violait, je me suis laissée partir »

Au cours de l’audience, la victime s’est exprimée à plusieurs reprises pour faire part de sa douleur et des séquelles qu’elle conserve encore aujourd’hui de cette sauvage agression. « J’ai vraiment eu la sensation que j’allais mourir », a-t-elle admis rapporte Le Figaro. « Quand il m’étranglait et me violait, je me suis laissée partir. J’ai fermé les yeux et je suis sorti de mon corps. J’essayais de me détacher pour savoir comment j’allais faire pour m’en sortir ». La quadragénaire a aussi précisé qu’elle ne pouvait plus dormir dans le noir, ni même marcher seule dans la rue la nuit, avouant qu’elle a désormais « énormément de mal » à faire « confiance aux gens ».

« J’ai eu une pulsion envers cette dame que je n’explique pas »

Cette nuit-là, l’accusé avait lui aussi passé la soirée à Paris, jusqu’à 3 heures du matin, avec ses collègues, pour fêter un anniversaire. Les pompiers avaient inhalé du poppers, des substances vasodilatatrices (qui dilatent les vaisseaux sanguins, ndlr). Orlando M., originaire de la Guyane, a pris le temps de consulter du contenu pornographique sur son téléphone au cours de cette soirée festive. Selon ses explications lors de l’audience, il aurait « interprété un regard » de la victime après l’avoir aperçu, alors qu’ils étaient chacun dans leur voiture, sur une bretelle d’autoroute. « J’ai eu une pulsion envers cette dame que je n’explique pas, je le regrette amèrement. J’ai pris conscience que j’ai détruit sa vie », a-t-il lâché, racontent nos confrères. L’homme a également « demandé pardon ».

« Vous avez farfouillé dans son intimité. Vous lui avez dévasté les années qui viennent. Elle a dû déménager et changé de fonction (dans la police, ndlr). Aujourd’hui elle n’est plus la même », a lancé à l’accusé, l’avocat de la victime, Me Frédéric Champagne.

« La violence des faits et du crime est là »

L’avocate générale, Julie Duwez, a rappelé que « la reconnaissance des faits est importante mais elle n’efface rien. La violence des faits et du crime est là », faisant référence aux aveux tardifs de l’accusé. La magistrate a poursuivi en indiquant que ces pénétrations vaginales et anales avaient provoqué des hémorragies durant plusieurs semaines à la victime. Elle a requis une peine de douze ans de réclusion criminelle avec un suivi socio-judiciaire de dix ans contre le quadragénaire.

Une décision qui a été suivie par la cour criminelle. Condamné à douze ans de prison, Orlando M. devra aussi respecter un suivi socio-judiciaire durant sept années avec une injonction de soins. Il a dix jours pour faire appel.