Une magistrate mise en examen pour avoir épousé son ex-compagnon sans qu’il le sache


Illustration. (Shutterstock)

Une magistrate exerçant en Île-de-France est poursuivie par la justice pour « faux et usage de faux en écriture publique ou authentique par personne dépositaire de l’autorité publique » et « obtention et usage de faux documents administratifs ».

Séparée de son concubin, avocat de profession, une juge est accusée de l’avoir épousé à son insu, en fournissant de faux documents, dans le but de l’empêcher de refaire sa vie. La magistrate et ses complices ont été mis en examen au terme de leur garde à vue, révèle Europe 1.

Elle n’a pas supporté qu’il parte pour une autre

La justice s’est intéressée à cette magistrate au mois de décembre dernier, mais en tant que mise en cause cette fois. D’après l’enquête, cette ancienne conseillère justice auprès d’une ministre n’aurait pas supporté que son compagnon la quitte pour la sœur de cette ministre, après plusieurs années de vie commune.

La magistrate a alors établi des faux documents et s’est mariée légalement en mars 2019 à Saint-Denis de La Réunion, où elle exerçait alors.

Un complice lui dit « oui » devant le maire

Pour mener son projet à bien, la quinquagénaire a été obligée de faire appel à un complice qui s’est fait passer pour son compagnon et qui lui a dit « oui » devant le maire.


Quelques semaines plus tard, la juge nouvellement mariée a été mutée dans les Hauts-de-Seine, où vit toujours son ancien compagnon. La nouvelle de « leur » mariage s’est rapidement propagée auprès de ses collègues, et elle est arrivée aux oreilles du principal intéressé, qui est tombé des nues en l’apprenant.

L’avocat a eu la désagréable surprise de découvrir qu’il était effectivement marié avec son ex-compagne, sans jamais avoir consenti à cela.

Sa fille et le complice également poursuivis

Une enquête a été ouverte et confiée aux fonctionnaires de la police judiciaire. Rapidement, ils ont mis au jour les faux documents et ont retracé le fil de cette rocambolesque affaire.

Le 11 décembre 2019, la magistrate, sa fille et celui qui a usurpé l’identité de son ex-compagnon, ont été interpellés et placés en garde à vue. Une information judiciaire a été ouverte au terme de cette mesure et le dossier a été dépaysé au tribunal de Versailles. L’affaire ne pouvait pas être traitée dans les Hauts-de-Seine compte tenu que la suspecte y exerçait. Cette dernière s’expose en théorie à un procès en cour d’assises.