Violences urbaines à Villeneuve-la-Garenne après la blessure d’un homme à mini-moto qui a percuté un véhicule de police


Des violences urbaines se sont déroulées à Villeneuve-la-Garenne dans la nuit de dimanche à lundi. (images Remy Buisine)

Nuit de tensions et de violences urbaines à Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine) au lendemain de la blessure d’un homme de 30 ans qui circulait sur une mini-moto non homologuée, qui a percuté une voiture de police. Des incidents ont aussi été signalés dans d’autres villes en Île-de-France.

Les forces de l’ordre ont été prises pour cible à Villeneuve-la-Garenne dans la nuit de dimanche à lundi, au lendemain d’une tentative de contrôle d’un homme qui circulait à mini-moto, qui a percuté une voiture de police de la Brigade anticriminalité de nuit des Hauts-de-Seine (BAC 92N). Ce dernier qui souffre d’une fracture du fémur, a été opéré avec succès.

Peu avant minuit, dans le secteur du boulevard de Verdun et dans la cité de la Caravelle, les policiers ont été visés par des tirs de mortiers d’artifice mais également par un objet incendiaire et des projectiles. Un micro-ondes et un écran d’ordinateur ont aussi été lancés des étages sur les forces de l’ordre selon une source policière.

Une opération de sécurisation a alors été mise en place pour faire face à ces violences urbaines et deux sections de CRS ont été déployées en renfort. Des images montrant ces violents incidents ont été diffusées sur les réseaux sociaux, notamment par le journaliste de Brut, Rémy Buisine.

Deux véhicules, deux scooters et des containers poubelles brûlés

Au total, une trentaine de containers poubelles ont été incendiés tout comme deux véhicules utilitaires et deux scooters, selon cette même source. Les forces de l’ordre ont fait usage d’une vingtaine de grenades lacrymogènes pour ramener le calme et ont utilisé leurs lanceurs de balles de défense (LBD 40) à plusieurs reprises. Aucun des émeutiers n’a pu être interpellé et aucun blessé n’est à déplorer. Le calme est revenu vers 2 heures du matin. Une enquête a été ouverte.

Dans le même temps, des violences urbaines se sont également déroulées à Gennevilliers. Les policiers sont intervenus dans la cité du Luth et dans plusieurs rues aux alentours, pour des rassemblements d’individus, malgré les mesures de confinement. A leur arrivée, les forces de l’ordre ont à chaque fois été prises pour cible et ont essuyé des jets de projectiles. Deux véhicules et une quinzaine de containers poubelles ont été incendiés. Il n’y a pas eu d’interpellation, ni de blessé.

Des incidents ont aussi été signalés dans d’autres villes du département : à Suresnes, ou encore à Meudon et à Rueil-Malmaison.


Des violences urbaines à Saint-Denis et dans le Val-de-Marne

Des violences du même type se sont produites à Saint-Denis, autour de la cité des Francs-Moisins. Les policiers ont été pris pour cible par une cinquantaine d’individus et visés par des tirs de mortiers d’artifice notamment. Le calme est revenu vers 01h30.

Dans le Val-de-Marne, les policiers ont été confrontés à des violences urbaines dans plusieurs villes, notamment à Fontenay-sous-Bois et à Champigny-sur-Marne, sans faire de blessé. Aucune interpellation n’a été réalisée.

L’avocat du blessé va déposer deux plaintes

L’homme âgé de 30 ans qui circulait à mini-moto, sans casque, aurait percuté la portière avant droite d’une voiture de police. Les fonctionnaires ont expliqué qu’ils voulaient procéder au contrôle du conducteur mais qu’il a refusé de s’arrêter, roulant à une vitesse excessive. Dans sa chute, il aurait heurté violemment l’un des potelets métalliques sur le trottoir, se blessant gravement.

L’avocat du blessé, Me Stéphane Gas, a annoncé ce dimanche qu’une plainte allait être déposée lundi matin auprès du parquet de Nanterre et une seconde auprès de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN).

A ce stade, une enquête a été ouverte pour des faits de « rodéo urbain » et « mise en danger d’autrui », à l’encontre du trentenaire qui circulait sur cette mini-moto. Les investigations ont été confiées aux enquêteurs de la sûreté territoriale des Hauts-de-Seine, par le parquet de Nanterre, et permettront de déterminer ce qu’il s’est exactement passé. Une deuxième enquête a été ouverte concernant les outrages et les menaces de mort à l’encontre des policiers.