Yvelines : Une famille soupçonnée d’avoir escroqué 41 caisses d’assurance maladie et 55 mutuelles


Illustration. (photo Gendarmerie Nationale)

La brigade de sûreté urbaine (BSU) de Conflans-Sainte-Honorine épaulé par le Groupe interministériel de recherches (GIR) des Yvelines ont interpellé 7 personnes, âgées de 23 à 69 ans, dans le cadre d’une enquête portant sur une vaste escroquerie et du blanchiment d’argent.

Les investigations ont montré que cette escroquerie a touché 41 caisses d’assurance maladie, 55 mutuelles et des dizaines de sociétés d’ambulance. L’enquête au long cours a débuté en octobre 2017, après le dépôt de plainte d’une société d’ambulance de Conflans-Sainte-Honorine, qui avait constaté un important manque à gagner dans ses libres de comptes.

Une secrétaire au coeur de l’affaire

Rapidement, les policiers de la BSU en charge de l’enquête ont soupçonné une secrétaire de cette entreprise. Cette femme âgée de 31 ans, habitante de Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise), avait récemment changé la domiciliation bancaire de son employeur auprès de la CPAM.

Les enquêteurs ont aussi constaté qu’elle s’était mise à travailler pour plusieurs autres sociétés d’ambulances dans toute la France.

Une affaire d’ampleur, le renfort du GIR

La secrétaire usait toujours du même mode opératoire, simple et efficace : elle envoyait de faux relevés d’identité bancaire (RIB) aux caisses d’assurance maladie et aux mutuelles pour que l’argent des prestations se retrouve sur son propre compte bancaire. La trentenaire faisait aussi de fausses prestations facturées aux CPAM.


À force d’investigations les policiers ont compris l’ampleur hors normes de la fraude et le GIR des Yvelines a été co-saisi en juillet dernier.

L’étude des flux financiers a montré que 41 caisses d’assurances maladie différentes et 55 mutuelles ont été victimes de l’escroquerie.

Une fraude à 675 000 d’euros

Les enquêteurs ont établi que le préjudice s’élève à 675 000 d’euros. En comptant oes tentatives échouées, les investigations ont mis en lumière le chiffre vertigineux de 1,4 million d’euros.

Ces rentrées d’argent frauduleuses ont profité à toute une famille. En plus de la secrétaire, son père et son frère recevaient directement des fonds sur leurs comptes dont les coordonnées avaient été interverties sur les RIB. D’autres recevaient de l’argent par des virements du compte de la secrétaire.

Sept personnes menaient grand train

Six hommes et femmes, âgés de 23 à 69 ans, achetaient des produits de luxe et des véhicules haut de gamme, dont une partie du prix était parfois reversée en espèces à la secrétaire, relate Le Parisien. De l’argent détourné était aussi transféré à l’étranger.

Cette dernière et ses six complices ont été interpellés et placés en garde à vue, mardi matin à leurs domiciles d’Osny et de Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise). Les perquisitions ont permis la saisie de trois voitures, dont une Mercedes Classe C, ainsi que de produits de luxe, notamment des sacs à main.

Les enquêteurs ont aussi saisi trois biens immobiliers et sept comptes bancaires, précise CNews.

Face à la justice

Lors de leurs auditions, certains suspects ont affirmé ne pas connaître l’origine frauduleuse de l’argent qu’ils recevaient. La trentenaire au centre de cette escroquerie a déclaré qu’au départ, elle n’avait fait qu’appliquer les directives de son patron, avant de poursuivre l’arnaque à son profit.

La secrétaire, son frère et son père devraient être mis en examen pour « escroquerie en bande organisée » et « association de malfaiteurs » avec des réquisitions de placement en détention. Les quatre autres suspects sont poursuivis pour « blanchiment en bande organisée ».