1er-Mai à Paris : Une vidéo montre un policier placer sa matraque dans le pantalon d’un homme, l’IGPN ouvre une enquête


(capture écran vidéo Clément Lanot)

L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie par le préfet de police après la diffusion de plusieurs vidéos montrant un policier en civil, placer sa matraque dans le pantalon d’un homme qui semble résister à son interpellation. Une enquête a été ouverte.


La scène s’est déroulée dans l’après-midi ce samedi vers 14h30, face au 108 boulevard du Montparnasse à Paris (XIVe). Sur ces images filmées par le journaliste Clément Lanot, on aperçoit 7 ou 8 policiers en civil arriver vers un individu pour l’interpeller, au milieu d’une foule qui se montre rapidement hostile à leur encontre et alors même que la situation est très tendue. Peu avant, plusieurs charges des forces de l’ordre avaient été réalisées pour empêcher les black blocs de se former, au départ du cortège.

L’homme visé par les policiers tombe au sol, tout comme un autre homme âgé. Ce dernier est relevé par un policier. L’individu qui est visiblement interpellé refuse de se lever et de suivre les policiers en civil, qui sont issus d’une Brigade anti-criminalité (BAC).

Alors qu’un périmètre de sécurité a été mis en place par les policiers, l’un d’entre eux qui est au contact de l’homme au sol, glisse sa matraque télescopique dans son pantalon durant quelques secondes. C’est suite à ce fait précis qu’une enquête de l’IGPN a été ouverte.

La situation dure ensuite plusieurs dizaines de secondes pendant lesquelles la foule hurle « Tout le monde déteste la police », tandis qu’un homme crie « Suicidez-vous ». Le climat est clairement hostile à la présence des policiers et ces derniers ont la volonté de quitter rapidement les lieux afin de protéger leur intégrité physique mais aussi celle de l’homme qu’ils ont interpellé.

Une scène également visible d’un autre angle, dans une vidéo (ci-dessous) diffusée sur Twitter par le journaliste David Dufresne, qui relève régulièrement les faits et gestes controversés des forces de l’ordre.

L’interpellé a réussi à prendre la fuite

L’homme interpellé qui refuse toujours de se lever est finalement porté par les policiers, dont certains l’attrapent par la ceinture. Un individu donne alors un coup de pied dans le dos de l’un des fonctionnaires, avant de prendre la fuite.

Quelques instants plus tard, la situation s’est tendue davantage et les policiers ont été contraints de lâcher l’interpellé sous la pression de la foule. Ce dernier a pris la fuite sous les applaudissements nous raconte un témoin.

Un geste « pas approprié »

Qu’est-ce-que ce policier mis en cause a tenté exactement de faire ? Nous avons interrogé plusieurs policiers expérimentés sur cette question. Tous nous ont expliqué que le geste de leur collègue n’était pas approprié et ne figurait pas dans les Gestes techniques professionnels d’interventions (GTPI), qui donnent plusieurs méthodes différentes pour forcer un individu à se relever.

« On a l’impression qu’il veut passer sa matraque télescopique entre la ceinture et le pantalon de cet homme pour faire levier, mais qu’il n’y arrive pas. Vu la situation de tension autour d’eux [les policiers], ce n’est pas évident, il faut faire vite et bien et espérer que ça ne dégénère pas trop », nous explique l’un des policiers de terrain expérimenté.

Une deuxième enquête de l’IGPN a été ouverte après la diffusion d’une autre vidéo montrant un CRS lancer un pavé en direction des manifestants, ce samedi à Paris.