1er-Mai à Paris : L’IGPN saisie par le parquet après une vidéo montrant un CRS jeter un pavé


Une enquête a été ouverte après des images montrant un CRS lancer un pavé. (capture écran vidéo Line Press)

Le parquet a ouvert une enquête qui a été confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) après la diffusion d’images montrant un policier, qui serait un CRS, jeter un pavé, durant la manifestation du 1er-Mai à Paris.

C’est une vidéo de l’agence Line Press montrant un CRS jeter ce qui semble être un pavé, en direction des manifestants, qui a provoqué de vives réactions sur les réseaux sociaux. La vidéo de l’agence a été partagée près de 900 fois sur Twitter.

La scène se déroule face au 46 boulevard de l’Hôpital dans le XIIIe arrondissement, là où de nombreux affrontements entre casseurs et forces de l’ordre se sont produits ce samedi. « C’était vers 17h40 » a indiqué le journaliste de Line Press, Laurent Bortolussi. Même si les quelques secondes où on aperçoit l’action ne permettent pas d’affirmer avec certitudes qu’il s’agit bien d’un pavé qui est lancé par le policier, cela ne fait aucun doute pour le reporter habitué au terrain.

Les faits se déroulent alors qu’une section de CRS avance avec les boucliers orientés vers les manifestants, pour se protéger et sans aucun doute pour protéger les commerces derrière eux, alors que plusieurs ont été dégradés au cours de l’après-midi.

Un pavé ramassé par terre ?

Au début de la vidéo, plusieurs pavés sont visibles au sol. Il s’agit vraisemblablement de morceaux de trottoir qui ont été descellés afin de s’en servir comme projectiles contre les forces de l’ordre, une méthode fréquemment utilisée par les casseurs. Quelques instants après, un CRS jette un pavé en direction des manifestants sans que l’on sache s’il vient de le recevoir ou s’il l’a saisi par terre.

Laurent Bortolussi est en tout cas « persuadé » que le policier l’a ramassé au sol. « Le CRS en question s’est servi dans le tas de projectiles qu’il avait sous ses pieds pour ensuite viser les manifestants », a-t-il expliqué à franceinfo. D’autre part, aucune image ne montre où le pavé atterri.

Une enquête confiée à l’IGPN

Le parquet de Paris a saisi l’IGPN et une enquête a été ouverte a annoncé ce vendredi Christophe Castaner lors d’une conférence de presse. Selon nos informations, aucune plainte correspondante à cette affaire n’a été déposée pour l’heure.

Ce policier a-t-il agi de la sorte en dernier recourt, en état de légitime défense ? L’enquête va devoir le déterminer.

Le fleuriste dont le commerce se situe à l’endroit où se sont produits les faits, a indiqué au journal Le Parisien, avoir vu « des manifestants qui ont voulu atteindre les forces de l’ordre qui protégeaient les commerces. Ils leur ont lancé des pierres, dont une qui est arrivée dans ma vitrine ». « Ça chauffait depuis quelques minutes entre les manifestants et les forces de l’ordre », raconte pour sa part Laurent Bortolussi, qui confie que c’était « un peu tendu ».

« Si le LBD est défaillant, s’il n’y a plus de grenades, c’est l’état de nécessité qui fait loi »

Le policier n’avait-il pas d’autres choix ? « Sur les images, on voit clairement que nos collègues sont accrochés, qu’ils doivent tenir un point », explique pour sa part Grégory Joron, secrétaire national du syndicat Unité SGP-FO. « Ils n’ont pas des moyens inépuisables. Si le LBD est défaillant, s’il n’y a plus de grenades, c’est l’état de nécessité qui fait loi. En clair, si le groupe manquait de moyens, les pavés peuvent être un recours. Ça peut être de la légitime défense », a-t-il argumenté à franceinfo.


De son côté, le service d’information et de communication de la police (Sicop) évoque la possibilité de la légitime défense. « Est-ce qu’il n’avait pas d’autre choix pour se défendre que de lancer ce pavé ? Ce qui rentrerait dans le cadre de la légitime défense, si la réponse est affirmative ».

Durant cette journée de manifestation du 1er-Mai dans la capitale, de nombreux affrontements se sont déroulés entre le quartier Montparnasse et la place d’Italie. Du côté des CRS, au moins 23 policiers ont été blessés à des gravités différentes à Paris selon nos informations. Trois l’ont été sérieusement, notamment un capitaine de police de la CRS 27 qui souffre d’une fracture du front après avoir reçu un pavé. Le fonctionnaire a été opéré le soir même.

24 manifestants ont également été blessés en France selon les chiffres du ministère de l’Intérieur samedi.