Affaire Adama Traoré : les juges ordonnent une nouvelle expertise médicale


Adama Traoré est décédé le 19 juillet 2016 dans le Val-d'Oise. (DR)

Les juges d’instruction en charge de l’enquête sur la mort d’Adama Traoré en juillet 2016 à Beaumont-sur-Oise ordonnent une nouvelle expertise médicale, ont annoncé les avocats des gendarmes. Il s’agira de la quatrième.

Dans un communiqué ce vendredi, les avocats des gendarmes mis en cause dans cette affaire, ont annoncé que « les juges d’instructions ont décidé par ordonnance ce jour, de procéder à une nouvelle mesure d’expertise médicale ». Cette nouvelle expertise médicale sera confiée à des médecins belges et fait « suite à l’audition du témoin chez qui Adama Traoré s’était réfugié », précise le communiqué.

« Les gendarmes se félicitent de la teneur de la mission d’expertise qui pose notamment l’hypothèse de l’hyperthermie maligne au regard d’éléments troublants qui avaient déjà été mis en exergue par eux dans le cadre des précédentes expertises judiciaires », précise-t-on. « De la même façon, la mission d’expertise évoque l’état de faiblesse d’Adama Traoré à son arrivée dans l’appartement du témoin, qui a été conforté par ledit témoin lors de sa récente audition le 2 juillet dernier, Adama Traoré lui ayant indiqué au sol : « Je vais mourir » ».

« Les gendarmes saluent enfin le choix de médecins internationaux, ce qui est de nature à réduire la pression médiatique entretenue par la communication tous azimuts des parties civiles et à permettre un déroulement serein des opérations d’expertise », expliquent Mes Bosselut, Rouiller et Chirac Kollarik.

Trois expertises ont déjà été réalisées à la demande de la justice et ont mis hors de cause les gendarmes. Le compte-rendu de la dernière étude avait été publié à la fin du mois de mai dernier.


Dans le même temps, la famille du jeune homme décédé à l’âge de 24 ans, livre un combat judiciaire et estime que les militaires sont responsables de la mort de leur proche. Une contre-expertise réalisée à la demande de la famille par un médecin, dont le compte-rendu a été rendu au début du mois de juin, met en cause les gendarmes.

Adama Traoré avait été interpellé le jour de ses 24 ans à Beaumont-sur-Oise (Val-d’Oise), le 19 juillet 2016, alors qu’il faisait très chaud. Les gendarmes avaient initialement l’intention d’interpeller son frère, Bagui, soupçonné d’extorsion de fonds. Adama Traoré avait échappé à une première interpellation.

Le fuyard avait finalement été interpellé dans une maison où il s’était caché, après une course-poursuite. Le jeune homme est décédé deux heures après son arrestation, dans la caserne de gendarmerie de Persan.