Agression d’un jeune homme à Belfort le jour de Noël : deux suspects mis en examen


Illustration. (Shutterstock)

Une information judiciaire a été ouverte après l’agression d’un jeune homme de 20 ans à Belfort le jour de Noël. Deux individus ont été mis en examen dans cette affaire pour laquelle le procureur de la République a indiqué qu’il n’est pas possible d’affirmer « que la qualité de fils de policier serait à l’origine des violences », ni un motif religieux en lien avec Noël.


Deux jeunes hommes de 18 et 20 ans ont été mis en examen ce lundi pour « violence en réunion n’ayant pas entraîné d’incapacité supérieure à 8 jours », ils ont été placés sous contrôle judiciaire indique France Bleu. Ils sont accusés d’avoir frappé un jeune Belfortain âgé de 20 ans le jour de Noël, à Belfort.

Ce dernier qui est de confession musulmane et fils de policiers, a déposé plainte vendredi après son agression. Au départ des faits, des messages qu’il a reçus sur Snapchat après avoir posté une photo montrant son repas de Noël. Son contact, âgé de 18 ans, lui a demandé s’il fêtait Noël, « sans allusion à une éventuelle pratique religieuse », a stipulé le procureur de la République de Belfort dans son communiqué.

« Je vais te niquer ta mère la pute sale blanc de merde »

Après quatre jours d’enquête, « il ne peut être affirmé que la qualité de fils de policier serait à l’origine des violences », ni le motif religieux donc. « La conversation aurait dégénéré d’invectives en injures », précise-t-on. Le parquet a publié des échanges entre les deux hommes :

« Je vais te niquer ta mère la pute sale blanc de merde Jvais te montrer c’est quoi un vrai rebeu ptite salope », a d’abord lancé l’utilisateur du compte Snapchat en réponse à cette photo. « Jcroi ta oublier chui ki Mais on va voir en face si t’assume tes paroles la comme un homme », a répondu le plaignant. « Mais tu crois t’es qui ptit fdp t’es le fils d’un hnouch (un policier, ndlr) mais à part ça t’es qui heychik jvais ntm la pute tu verras », a rétorqué son interlocuteur.


Un rendez-vous a alors été fixé. Le jeune Belfortain s’y est présenté « accompagné de deux, voire trois personnes », tandis que son interlocuteur sur Snapchat est venu accompagné de « deux frères de 18 et 20 ans, et d’une troisième personne ».

Le parquet rejette la thèse d’un « guet-apens »

« Le déchaînement verbal puis le rendez-vous fixé semblent davantage relever d’une question d’égo, le plaignant estimant que son contact, moins âgé que lui, lui avait manqué de respect, et non pas d’une volonté d’imposer à autrui des convictions religieuses », estime le parquet, qui rejette par ailleurs l’hypothèse d’un « guet-apens » soutenue par la mère de la victime, policière. « Le plaignant s’est délibérément présenté au rendez-vous pour régler ses problèmes -‘comme un homme’-, il n’est donc pas permis d’affirmer qu’il serait tombé dans un guet-apens », a ajouté le magistrat.

Concernant les coups portés, les deux versions divergent. « Les auditions du plaignant et du contact laissent penser que le premier coup a été porté par l’un des frères, ces derniers affirment au contraire que le plaignant a porté le premier coup », explique le procureur. La victime a en tout cas reçu plusieurs coups alors qu’elle était au sol et s’est vu attribuer 4 jours d’Incapacité totale de travail (ITT). Elle a été blessée au nez et au niveau du dos.

L’auteur du message contenant l’injure racial (« sale blanc de merde ») n’a pas encore été « formellement identifié » à ce stade des investigations. L’homme qui est titulaire du compte affirme qu’il était « utilisé par l’un des frères, ce que ceux-ci contestent ». L’information judiciaire permettra notamment d’identifier l’auteur du message. Par ailleurs, deux à trois autres suspects n’ont pas encore été identifiés dans ce dossier.

Le procureur de la République est ensuite revenu sur les informations publiées dans la presse ce samedi, qu’il estime « parcellaires et inexactes » mais également « susceptibles d’engendrer un trouble à l’ordre public » et « des réactions exacerbées qui en sont la conséquence, y compris de la part de personnalités politiques et organisations syndicales ». Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, notamment, avait réagi concernant cette affaire samedi soir, tout comme le syndicat UNSA Police dont la mère de famille est déléguée. L’organisation représentative des gardiens de la paix et gradés a indiqué sur Twitter « apporter tout son soutien à notre collègue et à sa famille ».

La mère du plaignant s’est également exprimée à nos confères des Dernières nouvelles d’Alsace samedi : « Il est tombé dans un guet-apens », a-t-elle affirmé. « On lui fait payer ses origines mais surtout le fait d’être le fils d’un couple de policiers. Ce sont des comportements sectaires et racistes, c’est inacceptable au XXIe siècle ».