Agression d’un photo-journaliste à Reims : un suspect de 21 ans mis en examen pour «tentative de meurtre»


Christian Lantenois est toujours entre la vie et la mort ce mercredi. (photo Frédéric Gouis/PhotoPQR/L'Union de Reims/Maxppp)

Un homme âgé de 21 ans a été déféré devant la justice et mis en examen ce mercredi dans le cadre de l’enquête sur la tentative de meurtre d’un photo-journaliste de L’Union, qui s’est produite à Reims (Marne). La victime est toujours dans le coma, entre la vie et la mort.

Le procureur de la République de Reims, Matthieu Bourrette, a donné une conférence de presse ce mercredi après-midi pour donner les derniers éléments du dossier sur l’agression ultra-violente dont Christian Lantenois, photo-journaliste, a fait l’objet ce samedi après-midi dans le quartier Croix-Rouge à Reims.

La victime de 65 ans est toujours entre la vie et la mort, dans un état grave. « M. Lantenois a eu une fracture du rocher, un hématome sous-dural, une hémorragie cérébrale et a été placé en coma artificiel. Son pronostic vital reste particulièrement engagé », a précisé le procureur.

« Plusieurs coups à la tête »

Le jour du drame, une collègue de Christian Lantenois a appris que de jeunes individus s’étaient rassemblés à Reims pour en découdre avec un autre groupe. L’enquête a démontré que c’était bien le cas. Les deux journalistes se sont donc rendus sur place. Christian Lantenois avait une voiture siglée, tandis que sa consœur avait un véhicule banalisé. Ils ont aperçu un groupe d’individus encagoulés et se sont séparés.

Christian Lantenois est resté à quelques centaines de mètres du groupe et a commencé à faire des photos, avant d’être repéré par ces derniers. La scène a été filmée par les vidéosurveillances. « Il n’a pas eu le temps de rejoindre l’habitacle de sa voiture (…) un premier individu l’a rejoint et lui a porté plusieurs coups à la tête, dont au moins un quand il était au sol », a détaillé le magistrat. L’agression ultra-violente a duré 57 secondes. « Les coups portés l’ont été en quelques secondes à peine » et « des coups ont aussi été portés par un objet long et cylindrique ». Il s’agissait de l’appareil photo de la victime, dont la carte mémoire n’a par ailleurs pas été retrouvée pour l’heure par les policiers.

« Un second individu était vu en train d’asséner des coups de bâton en direction de la victime, mais il apparaît vraisemblable que ces coups ont été assénés au sol et non sur Christian Lantenois », a précisé Matthieu Bourrette. « Il est manifeste que la présence de Christian Lantenois gênait les individus qui se préparaient à commettre des violences, et qu’il a été agressé alors qu’il exerçait son métier de journaliste photographe et pour ce motif ».

Le sexagénaire, grièvement blessé, a d’abord été secouru par le personnel de la médiathèque avant que les secours n’arrivent sur les lieux pour le prendre en charge. La victime a été médicalisée sur place durant 1h30. Elle a ensuite été transférée au CHU. Toujours dans un coma artificiel, son pronostic vital est toujours « particulièrement engagé ». « M. Lantenois a eu une fracture du rocher, un hématome sous-dural, une hémorragie cérébrale », a mentionné le procureur.

Aucune audition n’a été possible

L’agresseur principal a été identifié et interpellé par les policiers. Anes Saïd Khebbeb, âgé de 21 ans, a déjà été condamné à huit reprises par le passé, entre 2018 et 2019, notamment pour des faits liés aux stupéfiants et des faits de violences. Il a également déjà été incarcéré. L’auteur présumé vit à Reims dans le quartier Croix-Rouge, avec sa famille, depuis 3 ans et demi et résidait précédemment à Paris. De nationalité algérienne, il possède un titre de séjour espagnol, pays où il aurait vécu par le passé.

En outre, aucune audition n’a été possible durant sa garde à vue a indiqué le procureur de la République. Le suspect de 21 ans s’est montré « passablement énervé », refusant de répondre aux questions et de sortir de sa cellule.

Le second agresseur recherché

Anes Saïd Khebbeb a été mis en examen pour « tentative de meurtre aggravée ». Le parquet a requis son placement en détention provisoire pour éviter que le suspect ne prenne la fuite, notamment. Une information judiciaire des chefs de « tentative de meurtre aggravée, de participation à un groupement en vue de commettre des violences, et non-assistance à personne en péril », a été ouverte et confiée à un juge d’instruction. Le second agresseur est toujours recherché par les enquêteurs.