Amazon ferme ses sites français pour 5 jours après une décision de justice


Illustration. (Jonathan Weiss / Shutterstock)

Le tribunal judiciaire de Nanterre (Hauts-de-Seine) a ordonné à Amazon ce mardi de limiter son activité aux envois de produits essentiels. L’entreprise a décidé de fermer ses six sites français jusqu’au lundi 20 avril inclus.

La justice française avait sommé Amazon, sous 24 heures, de limiter son activité à la vente de produits essentiels, que ce soit des produits alimentaires ou d’hygiène par exemple, dans l’attente de « l’évaluation des risques professionnels inhérents à l’épidémie de Covid-19 sur l’ensemble de ses entrepôts ainsi qu’à la mise en œuvre des mesures prévues à l’article L 4121-1 du Code du travail », sous peine d’amende d’un million d’euros par jour de retard, et par infraction.

La décision de fermer les six sites français du géant américain a été prise lors d’un comité social et économique (CSE) convoqué mercredi, qui s’est prononcé par 14 voix sur 18 votants en faveur de cette fermeture pour nettoyer les sites et évaluer les risques, a expliqué un délégué CGT, Emilien Williatte, au journal Le Parisien.

Les salariés percevront 100% de leur salaire durant cette fermeture selon la direction d’Amazon. Le groupe américain a l’intention de faire appel de la décision de justice rendue par le tribunal judiciaire de Nanterre ce mardi.

« Nous restons perplexes quant à la décision rendue par le Tribunal »

« Considérant la complexité inhérente à nos activités logistiques et l’amende d’un million d’euros par infraction imposée par le tribunal, le risque de contrevenir à la décision était trop élevé. Nous restons perplexes quant à la décision rendue par le Tribunal, malgré les preuves concrètes apportées sur les mesures de sécurité que nous avons mises en œuvre, et faisons appel de cette décision », a réagi Amazon France sur Twitter.


« Nous travaillerons activement pour réduire l’impact que cette décision pourrait avoir sur les TPE et PME françaises qui s’appuient sur nos centres de distribution pour livrer leurs produits », indique le groupe.

« Un empilage de mesures sans aucune évaluation » selon un syndicat

« Rien n’est plus important que la sécurité de nos collaborateurs. En France, ces dernières semaines, nous avons distribué sur nos sites : + de 127 000 paquets de lingettes désinfectantes, + de 27 000 litres de gel hydro alcoolique, + de 1,5 million de masques », expliquait Amazon France ce mardi.

L’entreprise a procédé à « un empilage de mesures sans aucune évaluation » a expliqué au Parisien, Laurent Degousée, codélégué du syndicat SUD-Commerce à l’origine de la plainte (portée par l’Union syndicale Solidaires).