Attaque à la préfecture de police : de nouveaux éléments confirment la piste terroriste


Mickaël Harpon a été abattu par un policier lors de son attaque. (DR)

De nouveaux éléments de l’enquête ont montré que le tueur, Mickaël Harpon, était bien radicalisé, confirmant la piste terroriste.

Les expertises informatiques du matériel personnel de Mickaël Harpon ont permis de montrer que l’agent administratif affecté à la Direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP) a bien mené une attaque de nature terroriste révèle Le Parisien.

Le tueur âgé de 45 ans était sorti de la préfecture de police peu après midi le 3 octobre dernier pour acheter deux couteaux dans un magasin situé à proximité, avant de revenir dans son service et de mener son attaque sanglante. Quatre fonctionnaires de police ont été tués : Anthony Lancelot, Damien Ernest, Brice Le Mescam et Aurélia Trifiro. Deux autres ont été blessés, l’une grièvement.

Les enquêteurs avaient jusqu’ici expertisé le matériel informatique administratif du tueur. Sur l’une des clefs USB, des vidéos de décapitation du groupe État islamique (EI) ont notamment été retrouvées. Des informations récupérées par les policiers de la DRPP dans le cadre de leurs enquêtes, d’autant que l’ensemble des fonctionnaires du service sont habilités secret-défense, comme l’était Mickaël Harpon.

Les enquêteurs de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et de la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire et de la Brigade criminelle parisienne ont ensuite expertisé le matériel personnel du tueur. Un travail beaucoup plus long car il a fallu analyser l’ensemble des donnés, certaines étant chiffrées, sans connaître les mots de passe de l’assaillant.


« Tuer les infidèles », « kouffars »

Les résultats de ces longues expertises ont montré que Mickaël Harpon, qui s’était converti à l’islam il y a une dizaine d’années après avoir rencontré sa femme, avait fait des recherches sur son téléphone en utilisant les mots « tuer les infidèles » et ce, deux heures avant l’attaque. La veille, il avait fait des recherches concernent les « kouffars », un terme en arabe qui signifie « mécréant ».

L’agent administratif avait aussi effectué des recherches concernant l’infidélité au sein du couple ou pour obtenir des billets d’avion pour se rendre en pèlerinage à La Mecque précise le quotidien francilien. Les enquêteurs n’ont néanmoins pas découvert de plan d’action.

Il avait changé de comportement et refusait tout contact physique avec les femmes

L’enquête confiée à des juges antiterroristes se poursuit et présente encore de nombreuses zones d’ombre, notamment sur la personnalité du tueur. Ce dernier qui souffrait d’un problème de surdité provoqué par une méningite, se mêlait peu aux autres, évitant les pots dans le service ont indiqué plusieurs de ses collègues, qui ont témoigné peu après la tuerie sous couvert d’anonymat, en étant identifiés seulement par leur numéro d’immatriculation professionnel comme l’avait rapporté L’Express.

En outre, l’attitude de Mickaël Harpon avait changé au fil du temps. Après l’attentat de Charlie Hebdo en janvier 2015, une violente altercation avait éclaté avec l’un de ses collègues. « C’est bien fait » aurait déclaré l’adjoint administratif, expliquant que les journalistes tués s’en étaient pris à Allah. La tension est montée avec son voisin de bureau qui était à deux doigts d’en venir aux mains avec l’intéressé. Les faits ne donneront lieu a aucun écrit et donc a aucune sanction, ni administrative, ni pénale.

En 2017, Mickaël Harpon s’est mis à prier fréquemment durant sa pause déjeuner, ainsi qu’à la mosquée. Il a dans le même temps cessé de faire la bise à ses collègues féminines, refusant tout contact physique avec les femmes. Le tueur semblait également avoir des difficultés avec l’autorité, notamment celle du gardien de la paix Anthony Lancelot qui a été sa première victime, qui a été égorgée.

Le secrétaire d’État au ministère de l’Intérieur Laurent Nuñez doit s’exprimer ce mercredi après-midi devant la commission d’enquête concernant les dysfonctionnements ayant conduit à l’attaque de la préfecture de police.