Attaque à la préfecture : la hiérarchie était informée du comportement troublant du tueur selon un témoin


Illustration. (DR)

Un homme qui a témoigné sous X a fait de nombreuses révélations aux enquêteurs ce vendredi.

Les auditions se poursuivent après l’attaque au couteau dans la préfecture de police de Paris ce jeudi. Parmi les personnes qui ont été interrogées, un homme qui a témoigné sous X et qui affirme qu’il a vu changer le tueur, Mickaël Harpon, rapporte BFMTV.

« Instable, introverti »

Il s’agit du témoin qui a affirmé que l’assaillant s’était réjouit des attentats de 2015. « C’est bien fait ! » aurait déclaré Mickaël Harpon après l’attentat de Charlie Hebdo. Ce témoin affirme que la hiérarchie de l’assaillant était informé de son « comportement troublant », et explique qu’il a « vu changer » le tueur depuis plusieurs mois, alors qu’il fréquentait plus régulièrement la mosquée.

Il décrit Mickaël Harpon comme un homme instable, introverti, qui avait du mal à progresser dans son service de la DRPP. Toujours selon ce témoin, beaucoup se posaient des questions au sujet de l’assaillant.

Si l’homme est, à ce stade, le seul sur la trentaine de personnes à avoir été interrogées, à donner cette version aussi claire de la situation, son récit est jugé crédible par les enquêteurs insiste la chaîne d’informations.


Des policiers auraient reçu des pressions

Par ailleurs, plusieurs policiers ont évoqué, sous couvert d’anonymat, des pressions sur des membres de la DRPP, afin que les alertes passées sur le comportement du tueur ne soient pas révélées comme l’explique Le Parisien. L’assaillant aurait notamment, refusé d’embrasser les femmes le matin de l’attaque.

D’autre part, une voisine de Mickaël Harpon a été interrogée par RTL et raconte le comportement « distant » de ce dernier envers elle. « Il ne regarde pas trop les femmes (…) Il ne me parlait pas à moi. Quand je venais chez lui, je le voyais éloigné de moi, et toujours sur son ordinateur. Quand il était de repos, il n’était jamais avec elle. Elle me disait qu’il partait à la mosquée ».

La piste d’un acte terroriste est désormais privilégiée par les policiers alors que le parquet national antiterroriste s’est saisi de l’enquête hier. Les fréquentations du tueur sont étudiées, l’adjoint administratif qui était habilité « secret-défense » aurait fréquenté des personnes liées à la mouvance salafiste. Son téléphone et son matériel informatique continuent également a être examiné.