Attaque à la préfecture : Mickaël Harpon consultait la propagande du groupe État islamique


Mickaël Harpon consultait la propagande de l'EI. (DR)

Les premières analyses des supports informatiques du tueur de la préfecture de police de Paris Mickaël Harpon ont déjà montré aux enquêteurs que l’homme consultait la propagande du groupe terroriste État islamique (EI).

Mickaël Harpon avait une « vision radicale de l’islam » a déclaré le procureur de la République antiterroriste ce samedi. Les services techniques de la police ont déjà commencé à examiner le matériel informatique de l’assaillant de la préfecture, qui était affecté au service informatique de la Direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP).

L’Identité judiciaire a rapidement découvert les 33 SMS que le tueur a échangés avec sa femme, peu avant l’attaque. L’étude des supports informatiques de Mickaël Harpon a montré que ce dernier avait un « intérêt pour Daesh » et « consultait des contenus de propagande de l’organisation terroriste », selon une source proche de l’enquête citée par L’Express.

L’ensemble des éléments recueillis ont été transmis aux enquêteurs de la brigade criminelle et de la DGSI, en charge des investigations, les deux services étant habilités secret-défense.

Un volume de données colossal

Par ailleurs, le tueur détenait de « très nombreux supports », ce qui est souvent le cas pour les informaticiens. Certains supports comme des clefs USB, sont chiffrés, et il va falloir du temps pour tenter de découvrir ce qu’il y a à l’intérieur. Le volume de données analysées est colossal.


Des vidéos de décapitation et des données personnelles de ses collègues

Sur l’une des clefs USB, des vidéos de décapitation de l’EI ont été retrouvées selon Le Parisien. Sur cette même clef, les enquêteurs ont trouvé des données personnelles correspondant à plusieurs dizaines de ses collègues de la préfecture de police. A ce stade, les policiers cherchent à savoir s’il avait ces informations dans le cadre de son travail, et/ou s’il a cherché à les transmettre à des tiers notamment.

Les enquêteurs n’ont en tout cas eu aucune difficulté à comprendre qu’il n’était pas normal que Mickaël Harpon consulte la propagande de l’EI, malgré son affectation à la DRPP : ce dernier était chargé de la maintenance du matériel et des messageries de ses collègues notamment.

Le profil des personnes avec qui il a échangé examiné

Les échanges que l’assaillant a eus sont également examinés. « Nous avons découvert qu’au printemps, il avait communiqué avec un individu localisé dans le Val-d’Oise que nous connaissons pour sa pratique d’un islam salafiste », explique cette même source à l’hebdomadaire.

Reste aux enquêteurs à déterminer si ce fonctionnaire radicalisé a pu transmettre des informations en France, ou à l’étranger.

Une cérémonie d’hommage aux quatre fonctionnaires tués se déroulera ce mardi matin à la préfecture de police de Paris, en présence du président de la République Emmanuel Macron.