Attentat de Conflans : Gérald Darmanin dépose plainte contre le blog de Mediapart après un article mettant en cause la police


Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin à la sortie du conseil des ministres, le 15 juillet 2020. (photo IP3 PRESS/MAXPPP)

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a décidé de déposer plainte contre le blog de Mediapart après la diffusion d’un article mettant en cause la police.

L’article diffusé sur le blog de Mediapart a provoqué de vives réactions sur les réseaux sociaux depuis sa diffusion ce lundi, soit 72 heures après l’attentat de Conflans-Sainte-Honorine qui a coûté la vie à un enseignant de 47 ans, Samuel Paty. Il faut dire que les propos tenus par cet internaute nommé « Hors les murs », ont de quoi choquer. Son récit a également fait bondir plusieurs syndicats de policiers.

Dans cet article intitulé « Exécution sommaire du suspect: nouvelle norme en matière de terrorisme? », l’auteur dont le nom n’est pas mentionné mais seulement un pseudonyme, écrit que « dès qu’il s’agit de terrorisme, c’est-à-dire d’un crime commis par une personne musulmane envers une personne non musulmane, la police semble avoir le droit, voire le devoir, de tuer ».

« Applaudir une police qui tue de façon aussi sommaire (…) c’est applaudir une dérive »

« On ne peut pas s’indigner de la barbarie terroriste et souscrire dans le même temps à cette forme de justice sommaire, sans être en contradiction avec soi-même ou tourner le dos, sciemment, à la République Française », poursuit-il, avant d’ajouter : « Applaudir une police qui tue de façon aussi sommaire et systématique les individus suspectés de terrorisme, c’est applaudir une dérive, c’est encourager la spirale mortifère des violences policières et c’est embrasser ce choc des civilisations qui se trouve – depuis plus 30 ans – en haut de l’agenda de toutes les extrêmes-droites du monde ».

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a annoncé ce mercredi en fin de matinée qu’il avait décidé de déposer plainte « contre le blog de Mediapart pour diffamation publique », précise-t-il sur Twitter. « Je défendrai toujours l’honneur de la Police nationale », ajoute le ministre.

« Il va même jusqu’à leur imputer le crime d’homicide volontaire »

« Par ces propos, les policiers et l’ensemble de la police nationale sont accusés de « barbarie policière » en exécutant sommairement des personnes suspectée de terrorisme, cela revient à les accuser de ne pas respecter les règles d’usage des armes de l’article L435-1 du code de la sécurité intérieure. Il va même jusqu’à leur imputer le crime d’homicide volontaire en raison de l’appartenance à une religion déterminée », explique Gérald Darmanin dans un courrier adressé au procureur de la République de Paris, qu’il a joint à son tweet.

« De tels propos sont de nature à porter atteinte à l’honneur et à la considération de la police nationale », ajoute-t-il.

Une vidéo amateur montrant l’intervention des policiers a été diffusée sur les réseaux sociaux. Malgré les multiples injonctions des policiers, le terroriste refuse de lâcher ses armes avant d’être abattu de plusieurs balles.

Lors de sa conférence de presse, le procureur de la République antiterroriste, Jean-François Ricard, avait détaillé le moment où l’assaillant de 18 ans, Abdoullakh Anzarov, a été mortellement neutralisé : « La police nationale a identifié l’agresseur présumé à quelques centaines de mètres du corps découvert. L’agresseur a couru vers les forces de l’ordre en tirant à cinq reprises avec une arme de poing de type airsoft. Trois des policiers ont riposté, entraînant la chute de l’assaillant. Alors qu’il tentait de se relever et de donner des coups de couteau, il a été neutralisé par les forces de l’ordre. Son corps présente neuf impacts de balles ».