Châtellerault : Séquestré, battu à mort et enterré pour un vol de consoles de jeux, quatre suspects mis en examen


Illustration. (photo Guillaume Bonnefont/IP3 Press/Maxppp)

Quatre personnes ont été mises en examen ce mardi à Poitiers (Vienne), dont un mineur de 15 ans. Elles sont accusées d’avoir enlevé, séquestré puis battu à mort un homme de 31 ans au cours du week-end à Châtellerault. Son cadavre a ensuite été enterré dans la forêt. Les trois adultes ont été écroués et une information judiciaire a été ouverte.

La victime a vécu un horrible calvaire et a été tuée à coups de pied et de poings. Le procureur de la République de Poitiers, Michel Garrandaux, a donné de plus amples informations ce mardi sur cette enquête menée par les policiers, qui a permis l’interpellation des quatre auteurs présumés de ce meurtre sordide commis durant le week-end.

Tout a commencé le mois dernier lorsqu’un homme et une femme ont été cambriolés et se sont fait voler des consoles de jeux pour enfants et une sacoche de jeux. Ils ont déposé plainte et ont accusé la victime – un homme de 31 ans prénommé John – d’être l’auteur des faits, a exposé le procureur. En fin de semaine dernière, la mère du trentenaire, s’est rendu chez son fils pour lui ramener ses deux enfants. Mais elle n’a trouvé personne. Toujours sans nouvelle de lui 48 heures plus tard, elle a contacté son ex-compagne qui a prévenu la police. Dimanche, une enquête pour disparition inquiétante a été ouverte. Et les investigations ont rapidement évolué.

Les enquêteurs ont constaté que le téléphone du disparu de 31 ans bornait dans un immeuble du quartier Châteauneuf, à Châtellerault. C’est justement à cet endroit qu’habite l’homme de 44 ans qui avait déposé plainte contre lui fin mai. Toujours dans la journée de dimanche, une femme s’est présentée aux policiers et leur a confié qu’un individu de son entourage s’était vanté d’avoir tué quelqu’un. L’enquête est alors devenue « une procédure criminelle avec soupçon de meurtre », a retracé le magistrat.

L’habitant de 44 ans a été interpellé à son domicile ainsi que trois autres personnes qui se trouvaient chez lui : l’un de ses amis âgé de 35 ans, la compagne de ce dernier âgée de 30 ans et un adolescent de 15 ans. La suite des recherches a permis de montrer que les quatre interpellés étaient impliqués « à des degrés divers », dans la mort de la victime.

« Il va subir des coups de plus en plus violents, jusqu’à ce que mort s’ensuive »

Car suite à ce cambriolage, ils étaient déterminer à en découdre. L’homme de 35 ans et sa compagne de 30 ans ont aperçu la victime vendredi, dans un parc du centre-ville de Châtellerault. Cette dernière a été contrainte de monter de force dans leur voiture puis a été conduite jusqu’au domicile du quadragénaire.

C’est là, dans la cave, que John aurait subi des actes d’ultra-violence. Il aurait été « attaché sur une chaise », les mains et les pieds liés. « Il va subir des coups de plus en plus violents, jusqu’à ce que mort s’ensuive », a révélé le procureur de la République. Les faits se sont déroulés dans un contexte « d’alcoolisation et de prise de stupéfiants ». Les suspects « disent qu’ils n’ont pas voulu sa mort, qu’ils voulaient lui faire avouer » le vol, a ajouté Michel Garrandaux. Le trentenaire est décédé des suites d’un traumatisme crânien et d’un traumatisme thoracique ayant entraîné une asphyxie.

Déjà condamnés une dizaine de fois chacun

Les deux mis en cause principaux sont les deux hommes de 35 et 44 ans, bien connus de la justice et déjà condamnés une dizaine de fois chacun. Ces derniers – qui ont reconnu leur implication – ont conduit les enquêteurs jusqu’à l’endroit où ils avaient enterré le cadavre de la victime, sous 50 cm de terre, samedi matin, dans la forêt à Saint-Genest d’Ambière, commune située à une quinzaine de kilomètres de Châtellerault.

Les quatre suspects ont été mis en examen ce mardi. Les trois adultes ont été placés en détention provisoire. L’adolescent est soupçonné de complicité « car il est allé chercher une sangle pour ligoter la victime ». Il aurait également nettoyer la scène de crime. Le mineur devrait faire l’objet d’un placement en milieu fermé. Une information judiciaire a été ouverte pour « arrestation, séquestration arbitraire suivie de mort » et l’enquête se poursuit.