Colère dans la police : des policiers rassemblés partout en France jettent leurs menottes au sol


Des dizaines de policiers étaient rassemblés ce jeudi soir à Bobigny. (capture écran vidéo Remy Buisine)

Les policiers sont en colère et ont décidé de le faire savoir partout en France. Des rassemblements se sont déroulés ce jeudi durant lesquels les fonctionnaires ont jeté leurs menottes au sol, symboliquement.

Les déclarations du ministre de l’Intérieur ont provoqué un vent de colère dans les rangs de la police nationale. Les organisations syndicales ont été reçues par Christophe Castaner ce jeudi mais cela n’a pas suffit à apaiser les tensions.

De très nombreux policiers se sont réunis devant leurs commissariats partout en France ce jeudi après-midi et dans la soirée. A Bobigny (Seine-Saint-Denis), des dizaines de fonctionnaires de police se sont regroupés à proximité de la préfecture, à 20 heures. Alignés, ils ont lancé leurs paires de menottes au sol, symboliquement, en signe de protestation. Un geste fort pour dénoncer leur ras-le-bol.

Des rassemblements similaires se sont déroulés dans de nombreuses villes de France, à Paris, Lyon, Bordeaux, Toulouse, Lille, Tours, Saint-Étienne, Creil, Dijon, Brest ou encore Toulon. A Roubaix, les policiers se sont déguisés en licorne. D’autres fonctionnaires ont arboré des écussons de bisounours.

Les policiers de Nice avaient réalisé la même action ce mercredi soir sur la place Masséna. Après leur entretien avec Christophe Castaner ce jeudi, les syndicats de police ont de nouveau exprimé leur mécontentement.

Yves Lefebvre, le secrétaire général de l’Unité SGP Police FO a appelé les policiers « à ne plus interpeller, à ne plus intervenir », les invitant à se rassembler à 18 heures devant tous les commissariats de France. De son côté, Fabien Vanhemelryck, secrétaire général d’Alliance Police Nationale a annoncé une « action très forte demain » à Paris, sans donner plus de précisions.

Selon Philippe Capon, secrétaire général de l’UNSA Police, Christophe Castaner a déclaré qu’il « regrettait ses propos » sur les « soupçons avérés » de racisme au sein des forces de l’ordre, qui entrainerait une suspension du fonctionnaire concerné.

La technique dite «d’étranglement» jugée indispensable

Les syndicats de police réclament une marche arrière de Christophe Castaner concernant sa décision d’interdire la méthode dite « d’étranglement », ou « contrôle de tête », qui permet de maîtriser un individu virulent ou dangereux.

Le locataire de la place Beauvau a annoncé soudainement sa décision ce lundi lors d’une conférence de presse. Depuis, la grogne progresse un peu plus chaque jour dans les rangs policiers.