Colère des policiers après la découverte de tags de menaces de mort et de viol à Savigny-le-Temple

Illustration. (shutterstock)

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a réagi ce dimanche aux tags de menaces de mort et de viol visant les policiers, découverts dans un hall d’immeuble de Savigny-le-Temple (Seine-et-Marne) ce vendredi. Il dénonce des actes « inacceptables ». Les enquêteurs de la sûreté départementale sont en charge de cette affaire.

Les inscriptions découvertes dans ce hall d’immeuble de Savigny-le-Temple sont particulièrement violentes et ont provoqué une vague d’indignations ce dimanche, jusque dans la classe politique. C’est un véritable « tableau de primes » qui a été inscrit dans un hall d’immeuble du centre-ville de Savigny-le-Temple, connu pour être un point de deal. « Couper la tête d’un policier = 500 000 euros », et « jet de boule de pétanque sur la police = 200 euros » peut-on notamment lire, ainsi que « rentrer une barre de fer géante dans l’utérus d’une femme policière qui se prend pour un bonhomme = 300 000€ ». Une enquête a été ouverte et confiée à la sûreté départementale.

Six interpellations cette semaine

Gérald Darmanin s’est rendu au commissariat de la ville, classée en zone de sécurité prioritaire (ZSP), ce dimanche matin, pour apporter son soutien aux forces de l’ordre. « Les policiers ont été attaqués. En les attaquant, en appelant à leur viol, à leur meurtre, on veut appeler au meurtre et au viol de la République (…) Il ne peut pas y avoir de provocations comme celles-ci qui restent impunies », a-t-il prévenu, devant la presse.

« Ici à Savigny cette semaine, il y a eu six interpellations. On peut penser que c’est à cause, ou grâce, aux nombreuses interventions de la police et à ce harcèlement des points de deal qu’il y a eu ces réactions inacceptables », a ajouté le ministre. « Le travail des policiers compte. Leur travail paie et ça se voit. Je voudrais aussi dire à ces trafiquants, qui pensent qu’en menaçant ils vont décourager les policiers, qu’ils se trompent parce qu’on va en rajouter et continuer les interventions dans les points de deal ».

« Il y a eu en Seine-et-Marne depuis le début de l’année 210 kg de cannabis saisis, 255 gardes à vue dans ces trafics », a insisté Gérald Darmanin. « Là où il y a des menaces proférées contre les forces de l’ordre, elles ont toujours lieu le lendemain ou le surlendemain d’actions menées par les services de police ou de gendarmerie ».

« Ces tags d’une violence inouïe ont proféré des menaces de mort avec des mises à prix absolument abjectes », a réagi la préfecture de Seine-et-Marne dans un communiqué. « La lutte contre tous les trafics va s’intensifier dans les jours à venir », annonce-t-elle.

Les syndicats de police n’ont pas tardé à exprimer leur colère. Alliance Police Nationale dénonce « ces tags anti-flic et cette haine que nos policiers subissent au quotidien ». L’organisation « exige des poursuites exemplaires à l’encontre de ces criminels » et annonce avoir rappelé au ministre de l’Intérieur « son engagement concernant l’anonymisation des policiers », notamment dans les procès-verbaux.

« On ne se demande plus si un policier va être tué mais quand »

« Menaces, Intimidations, insupportable haine qui se répand contre les policiers qui luttent contre les trafics qui pourrissent les quartiers », déplore l’Unité SGP Police FO. « Plus de limite dans la provocation, plus de gradation dans la menace. les policiers une fois de plus ciblés », lance de son côté l’UNSA Police.

« On ne se demande plus si un policier va être tué mais quand », prévient Matthieu Valet, porte-parole et secrétaire national adjoint du syndicat indépendant des commissaires de police (SICP). « Le mur de la honte dans une cité de Savigny-le-Temple démontre une chose : la police, haïe et menacée, y entre, et y entrera encore. Et encore. Tous les jours. Peu importe si ça déplaît à ces voyous illettrés », martèle le syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN).