Confinement : 40€ par mois pour téléphoner, la télé gratuite, voici les mesures prises pour les prisons


Nicole Belloubet le 28 août 2019. (©PHOTOPQR/LE PARISIEN/Maxppp)

La ministre de la Justice Nicole Belloubet a annoncé ce jeudi les mesures exceptionnelles qui vont être mises en place dans toutes les prisons françaises dans le cadre du confinement.

Toutes ces nouvelles mesures entreront en vigueur dès demain vendredi. Ces décisions font suite aux nombreuses tensions dans les établissements pénitentiaires et à la suspension des parloirs depuis mardi.

Une mutinerie s’est déroulée dans la prison de Grasse (Alpes-Maritimes) le jour même et dans plusieurs autres établissements pénitentiaires, les incidents se sont multipliés.

40€ mensuels pour cantiner « pour les détenus les plus démunis »

C’est dans ce contexte que Nicole Belloubet a annoncé ce jeudi plusieurs mesures pour les détenus qui s’appliqueront jusqu’à la fin de la période de confinement. « Les mesures générales de confinement ont des conséquences sur la vie des détenus : les intervenants extérieurs ne peuvent plus encadrer les activités ou le travail et les familles sont dans l’impossibilité d’accéder aux parloirs, qui sont de fait suspendus », explique le ministère dans un communiqué, dont voici les détails :

– Chaque détenu pourra bénéficier d’un crédit de 40€ par mois sur son compte téléphonique, lui permettant de rester en contact avec sa famille et ses proches. Cette somme, utilisable dans les 64 établissements déjà équipés de téléphones en cellule ou depuis les cabines téléphoniques installées dans l’ensemble des détentions, correspond à 11 heures de communications en France métropolitaine vers un téléphone fixe ou à 5 heures vers un téléphone portable. Un service de messagerie téléphonique sera en outre ouvert aux familles via un numéro non surtaxé.


– Afin d’accompagner la suspension des activités en détention, la gratuité de la télévision sera également assurée pendant cette période.

– Les détenus les plus démunis pourront quant à eux bénéficier d’une aide majorée de 40 euros par mois leur permettant notamment de cantiner, dans un contexte où les familles pourraient rencontrer des difficultés à effectuer des virements.

La mise à exécution des courtes peines d’emprisonnement différée

Par ailleurs, la ministre de la Justice a pris des mesures afin de réguler l’occupation des maisons d’arrêt. « La régulation de l’occupation des maisons d’arrêt constitue également une priorité pendant cette période. J’ai notamment demandé aux juridictions de différer la mise à exécution des courtes peines d’emprisonnement », précise le communiqué.

« Ces mesures sont d’ores et déjà suivies d’effet : on comptabilise ces derniers jours une trentaine d’entrées en prison quotidiennes contre plus de 200 habituellement », peut-on lire.