Double meurtre dans les Cévennes : Valentin Marcone «n’a pas exprimé de regrets», il était caché à 600m de chez lui


Valentin Marcone a reconnu les deux meurtres.

Valentin Marcone « n’a pas exprimé de regrets au sens propre du terme » a indiqué le commandant de la section de recherches de Nîmes, Bertrand Michel, lors d’une conférence de presse durant laquelle le procureur de la République, Eric Maurel, s’est lui aussi exprimé. De nouveaux éléments de ce dossier ont été révélés.

Mise à jour 17h50. Valentin Marcone a été mis en examen pour « assassinats » annonce le procureur de la République de Nîmes, Éric Maurel.

L’auteur présumé du double assassinat commis sur la commune des Plantiers (Gard), Valentin Marcone, va être présenté à un juge d’instruction ce dimanche en vue de sa mise en examen. Le parquet a également requis son placement en détention provisoire. De nouveaux éléments de l’enquête ont été communiqués par le procureur de la République, Éric Maurel, et le commandant de la section de recherches (SR) de Nîmes, Bertrand Michel, au cours d’une conférence de presse ce dimanche à la mi-journée.

Le tueur présumé de 29 ans a refusé l’assistance d’un avocat et a reconnu les deux meurtres. La préméditation a été retenue face aux « éléments multiples » récoltés par les gendarmes a précisé le magistrat. Valentin Marcone est venu sur son lieu de travail avec une arme de poing approvisionnée et les enquêteurs se demandent si une cartouche « n’était pas chambrée ».

Selon les explications du mis en cause, « une altercation avec son employeur et un collègue a eu lieu le matin du drame, au sujet de ses conditions de travail et notamment sur le paiement des heures supplémentaires ». C’est un sujet qui le « taraudait depuis quelques temps ». Il a ouvert ses vêtements puis a récupéré son arme de poing avant de faire feu à « trois ou quatre reprises » sur les deux victimes.

Un gilet pare-balles pour aller au travail depuis trois ans

Sur son profil, « rien ne permet de dire qu’il est paranoïaque » a ajouté Éric Maurel. Des expertises psychiatriques permettront de le déterminer. « Au sens commun du terme, on sent que c’est quelqu’un qui avait peur, qui ressentait de la peur vis à vis de certaines personnes du village avec qui il était en conflit », a-t-il poursuivi. « C’est cette peur qui l’avait conduit à se rendre à son travail avec un gilet pare-balles depuis trois ans, mais aussi une arme de poing depuis plusieurs mois ». Valentin Marcone avait également « installé un système de vidéoprotection » à son domicile. Les images ont permis aux gendarmes d’obtenir de nombreux éléments, notamment au sujet de sa fuite en forêt, après le double meurtre.

Une carabine transformée et des tirs à 600 mètres

Le procureur a décrit le suspect comme étant « un jeune homme calme, qui s’exprime et qui est cohérent ». « L’histoire qu’il raconte est logique mais des points sont encore à vérifier », a souligné Éric Maurel. Ses déclarations « ont permis de faire avancer les investigations ». Par ailleurs, ce sont des membres de sa famille qui ont alerté les gendarmes peu après le drame alors que le tueur présumé venait de leur confier ce qu’il avait fait.

L’homme est parti avec deux armes lorsqu’il a pris la fuite, après être repassé à son domicile : une arme de poing ainsi qu’une carabine de calibre 308, dédiée à la chasse, « qu’il avait transformée pour faire du tir de précision ». « Il nous a déclaré tirer jusqu’à 600 mètres » avec cette arme a indiqué le commandant de la SR de Nîmes. Il s’est « rapidement débarrassé » des deux armes selon ses explications en garde à vue. L’arme de poing a été retrouvée dissimulée dans un châtaigner. Quant à son arme longue, elle a été démontée et les éléments ont été jetés « dans un endroit inaccessible ».

Le tueur se trouvait dans un « trou à sanglier » à 600 mètres de chez lui

Valentin Marcone était parti avec une boite de 50 munitions pour sa carabine, ce qui laissait présager le pire. Le gendarme a évoqué un jeune homme « qui aime le cadre », ajoutant qu’il s’était « laisser-aller » durant ses auditions sur « les raisons de son passages à l’acte, les modalités de sa fuite », en se montrant « extrêmement coopératif ». Le mis en cause a déclaré qu’il « ne voulait pas faire de mal aux gendarmes ». Il est resté caché dans un « trou à sanglier qu’il a aménagé à mains nues », où il s’est « terré durant de très longues heures ».

Une planque située à environ 600 mètres de son domicile seulement. Il y avait un ruisseau à proximité qui lui aurait servi à boire, mais il n’avait pas de nourriture. Le fugitif était épuisé lorsqu’il s’est rendu et a donc pu observer les gendarmes durant leurs recherches. Il a avoué aux enquêteurs qu’il avait « pensé » au suicide mais qu’il « n’avait pas eu le courage de passer à l’acte ». En outre, il n’a « pas exprimé de regrets au sens propre du terme », a détaillé le procureur de la République.

Les deux défunts sont Luc Teissonnière, 55 ans, le patron de la scierie qui employait Valentin Marcone, et Martial Guerin, 32 ans, un salarié.