Le mardi 21 juillet 2026 à 13:01
La découverte du corps de Delphine Jubillar dans un champ de Mailhoc (Tarn) fait resurgir l'hypothèse d'un meurtre prémédité. Un élément de l'enquête prend un relief particulier : dix jours avant la mort de l'infirmière, le téléphone de son mari Cédric Jubillar a été géolocalisé à quelques centaines de mètres seulement du lieu où il a dissimulé le corps. Un point que la justice pourrait chercher à éclaircir, alors qu'une réunion sur le sort du procès en appel se tient ce mardi 21 juillet.
Selon un document judiciaire consulté par Le Parisien, le téléphone de Cédric Jubillar a été localisé le samedi 5 décembre 2020, pendant plusieurs minutes, à quelques centaines de mètres du champ où le corps de son épouse a été retrouvé. D'après BFMTV, l'appareil a borné à 06h12 au pied de la départementale D600. Le signal, qui a duré quelques minutes, plaide pour un arrêt sur place plutôt que pour un trajet sans interruption. Entre le 5 et le 15 décembre, son téléphone n'a par ailleurs jamais quitté le département du Tarn.
Ces données ont été obtenues auprès de Google par voie de réquisition, après que l'intéressé eut fait échouer l'accès à son compte en communiquant de mauvais identifiants aux gendarmes. Remises aux juges d'instruction fin 2021, elles prennent aujourd'hui une tout autre coloration.
Repérage ou simple passage ?
La question est désormais posée : pourquoi Cédric Jubillar se trouvait-il à cet emplacement dix jours avant le décès de son épouse ? Était-il seulement présent sur un chantier voisin, ou procédait-il à un repérage en vue de dissimuler le corps ? L'élément est susceptible de caractériser une préméditation, à rebours de la version défendue par l'ex-peintre-plaquiste.
Lors de son audition du 15 juillet devant la présidente de la cour d'assises, Cédric Jubillar a assuré n'avoir eu l'idée de ce lieu qu'une fois au volant, sans repérage préalable. Il a expliqué avoir eu ce lieu en tête au moment de se débarrasser du corps, un endroit entrevu peu avant les faits sans qu'il s'y soit alors arrêté. Le passage à l'acte, commis par étranglement selon Le Parisien, se serait produit dans le cadre d'une "énième dispute conjugale", et la dissimulation du corps aurait été improvisée.
Renvoi ou maintien du procès en appel ?
Ce mardi 21 juillet, la présidente de la cour d'assises de la Haute-Garonne a convoqué une réunion informelle avec l'ensemble des avocats du dossier, indique le quotidien francilien. La question du renvoi ou du maintien du procès en appel, prévu pour s'ouvrir le 21 septembre et durer quatre semaines, doit y être abordée, sans nécessairement être tranchée.
Cédric Jubillar a reconnu être à l'origine de la mort de son épouse le 6 juillet, dans un courrier adressé à son avocat, avant de confirmer ses aveux le 15 juillet. Le lendemain, il guidait les enquêteurs jusqu'aux ossements de Delphine, dont l'identification a depuis été confirmée par l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN). Delphine Jubillar, née Aussaguel, a disparu dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020 à Cagnac-les-Mines. Le peintre-plaquiste a été condamné en octobre 2025 à 30 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises du Tarn, à Albi ; il a fait appel de cette décision.