Caen : La voiture n'a «pas cherché à freiner» avant de percuter le groupe devant la gare, selon le parquet

Le conducteur qui a foncé sur un groupe d'hommes devant la gare de Caen (Calvados), mercredi soir, doit être présenté à un juge d'instruction vendredi. Deux personnes sont mortes et neuf autres ont été blessées.
Caen : La voiture n'a «pas cherché à freiner» avant de percuter le groupe devant la gare, selon le parquet
Les secours durant leur intervention après qu'un automobiliste a percuté une dizaine de piétons à Caen, mercredi 26 août dans la soirée. (capture écran vidéo / DR)
Par Actu17
Le jeudi 27 août 2026 à 19:25

La garde à vue du conducteur qui a percuté un groupe d'hommes devant la gare de Caen (Calvados), faisant deux morts et neuf blessés, a été prolongée jusqu'à vendredi soir en vue de sa présentation devant un juge d'instruction dans la journée de vendredi. Les premières constatations montrent que le véhicule n'a pas cherché à freiner et aurait dévié sa trajectoire pour aller au contact des victimes. La piste terroriste a été écartée, a annoncé le procureur de la République de Caen, Joël Garrigue, dans un second communiqué diffusé ce jeudi.

Le véhicule retrouvé au bord de l'Orne

Le conducteur n'a pas tenté d'éviter le groupe. "Les constatations réalisées sur les lieux et plusieurs témoignages recueillis font apparaître que le véhicule n'a pas cherché à freiner ou à réaliser des manœuvres d'évitement mais aurait, au contraire, dévié sa trajectoire pour aller au contact des victimes et les percuter", indique le parquet.

Le véhicule a été retrouvé abandonné au bord de l'Orne, aux alentours d'Ouistreham, commune où le conducteur a été interpellé dans la nuit. L'examen du véhicule fait apparaître "de très importants dégâts sur la partie avant de celui-ci qui témoignent de la puissance des impacts".

Le mobile encore incertain

Le mobile du conducteur, lui, reste à établir. "Les déclarations du mis en cause doivent être approfondies et clarifiées afin de comprendre les motivations de son geste, qui pourrait s'inscrire dans un contexte d'animosité entre les communautés tchétchène et afghane", écrit le procureur de la République. Et d'ajouter : "Il n'a pu être établi pour l'instant si son action visait une ou plusieurs personnes en particulier ou le groupe des hommes attroupés devant la gare sans distinction."

Le parquet souligne par ailleurs qu'à ce stade, toutes les victimes hospitalisées n'ont pas encore pu être entendues par les enquêteurs. "Toutes les autres hypothèses sont actuellement explorées sans en privilégier ni en confirmer aucune", précise-t-il.

La piste terroriste écartée

La piste terroriste, elle, a été écartée. "L'hypothèse d'un acte terroriste est désormais exclue, aucun élément en faveur d'une radicalisation ou d'une motivation politique ou idéologique du mis en cause n'ayant été retrouvé ni ne ressortant de ses déclarations", indique le communiqué. Le magistrat avait déjà déclaré, dans la nuit de mercredi à jeudi, que l'on n'était a priori pas en présence d'un acte terroriste.

Les faits se sont produits mercredi soir, aux alentours de 22h10, lorsqu'une voiture a foncé sur un groupe d'hommes âgés de 17 à 36 ans qui patientaient au niveau d'un abribus face à la gare. Un homme d'une trentaine d'années est mort sur place et une seconde victime, âgée de 28 ans, a succombé à ses blessures au CHU de Caen. Le conducteur, un ressortissant russe d'origine tchétchène de 26 ans en situation régulière et au casier judiciaire vierge, a affirmé avoir été agressé face à la gare plus tôt dans la soirée.

L'enquête, confiée à la division de la criminalité organisée et spécialisée du service interdépartemental de police judiciaire (SIPJ) de Caen, se poursuit des chefs d'assassinat, tentative d'assassinat et violences volontaires avec arme.