Déraillement du TER Rouen-Caen : le parquet privilégie la piste d'un morceau de rail sur la voie

Quarante-quatre personnes ont été blessées dans le déraillement d'un TER, vendredi soir en Seine-Maritime. Le parquet de Rouen a livré ce samedi ses premières constatations.
Déraillement du TER Rouen-Caen : le parquet privilégie la piste d'un morceau de rail sur la voie
Un TER a déraillé ce vendredi soir à Oissel, près de Rouen. (capture écran vidéo / DR)
Par Actu17
Le samedi 12 septembre 2026 à 12:51 - MAJ samedi 12 septembre 2026 à 17:01

Un morceau de rail présent sur la voie est la piste privilégiée par le parquet de Rouen pour expliquer le déraillement du TER qui reliait Rouen à Caen, vendredi soir à hauteur de Cléon (Seine-Maritime). L'accident a fait 44 blessés parmi les 186 passagers, selon le dernier bilan, dont une jeune femme prise en charge en urgence absolue. Une enquête a été ouverte dès vendredi soir et confiée à la police judiciaire de Rouen.

"À ce stade, l'hypothèse principale est celle de la présence - sur un des rails de la voie - d'un morceau de rail, qui pourrait être à l'origine de ce déraillement", a indiqué ce samedi le parquet de Rouen dans un communiqué. "Les causes de cette présence sont inconnues, et devront être identifiées par l'enquête", précise le ministère public.

Actu17 avait précisé dès vendredi soir que le déraillement aurait été provoqué par un "objet métallique" qui se trouvait sur les voies. Le communiqué du parquet vient en préciser la nature. De nombreuses investigations sont en cours, souligne le communiqué, qui détaille les actes déjà engagés : "Plusieurs auditions sont prévues. Un expert judiciaire est requis."La "boîte noire" de la rame a par ailleurs été saisie et les opérations de police technique se poursuivent.

Hervé Morin évoque un «acte malveillant»

Selon le président de la région Normandie, Hervé Morin, les premiers éléments de l'enquête orienteraient vers un "acte malveillant". "Ce qui est sûr c'est qu'il y avait un train qui est passé une heure avant et qu'il n'y avait rien", a-t-il fait savoir ce samedi à Ouest-France, rapportant les témoignages de cheminots. "Le rail, il n'est pas arrivé là par hasard", a conclu l'élu, qui qualifie cette hypothèse d'"extrêmement grave".

"Ce que je souhaite, c'est qu'on ait une procédure judiciaire qui soit extrêmement rigoureuse, et qu'on puisse savoir qui est responsable de cet acte, si tel est le cas", a ajouté Hervé Morin. Toujours d'après les cheminots intervenus sur les lieux, dont il rapporte les propos, "il y avait sur la voie une barre de fer dont on pense que c'est un rail, extrêmement lourd, aux alentours de 300 kg". "Le choc a été d'une violence extrême", a-t-il déclaré devant les journalistes.

Une photo publiée sur X montre un morceau de rail qui pourrait être celui à l'origine du déraillement.

Cinq blessés toujours pris en charge

La jeune femme grièvement atteinte est hospitalisée au CHU de Rouen et son pronostic vital n'est pas engagé, a précisé ce samedi le ministre des Transports, Philippe Tabarot. Parmi les blessés légers, 26 ont été pris en charge vendredi dans quatre établissements de santé de Rouen, selon le ministre : 21 ont pu regagner leur domicile dans la nuit et cinq sont toujours soignés.

"La principale victime est toujours hospitalisée, sans que ses jours soient en danger", indique de son côté le communiqué du parquet. "Les autres victimes ont été prises en charge et soignées ; leur sortie d'hôpital a eu lieu, ou est imminente."

Requise par le parquet, l'association d'aide aux victimes AVEDE ACJE contactera individuellement les passagers à compter de lundi, pour faire le point avec eux et leur exposer les suites de la procédure judiciaire. Les victimes peuvent également la joindre directement au 02.35.52.88.18.

«Je ne tenais plus sur mon siège»

À bord, les voyageurs ont d'abord cru à de simples secousses, avant que la rame ne quitte les rails. "Je ne tenais plus sur mon siège, j'ai essayé de m'agripper au siège de devant", a raconté Louis, 24 ans, au micro d'Ici Normandie. Ce passager, installé dans la voiture située à l'extrémité du train, décrit des vitres partiellement soufflées et "tout un tas de cailloux qui ont volé un petit peu partout dans le wagon".

Une fois descendus sur les voies, les passagers ont découvert l'ampleur des dégâts. "On a vu des essieux de train directement posés sur les voies, tous les grillages étaient défoncés sur 200-300 mètres après le passage à niveau", a témoigné Baptiste auprès de notre confrère. Les voyageurs ont ensuite été acheminés en bus vers une salle municipale, dans l'attente de leurs proches.

Le déraillement s'est produit vers 19h45, entre les communes de Cléon et de Tourville-la-Rivière, à proximité de l'usine Renault. Le préfet de la Seine-Maritime a activé le centre opérationnel départemental (COD) à 20 heures et déclenché le plan ORSEC nombreuses victimes (NOVI), qui permet de coordonner l'action des secours face à un nombre important de blessés. D'importants moyens de sapeurs-pompiers ont été engagés, aux côtés des forces de l'ordre et des équipes de SNCF Réseau. La circulation des TER reste interrompue dans les deux sens entre Rouen et Elbeuf, "notamment pour permettre le bon déroulement des investigations", a indiqué Philippe Tabarot.

Le parquet de Rouen a annoncé la diffusion d'un nouveau communiqué dans les prochaines heures, en fonction des avancées de l'enquête.

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