Garde à vue de Rima Hassan : pas de 3-MMC dans ses affaires, le parquet classe sans suite la procédure

Les analyses toxicologiques ont révélé que le produit décrit comme s'apparentant à de la 3-MMC était en réalité du CBD. Le parquet de Paris a classé sans suite la procédure liée aux stupéfiants. La veille, Rima Hassan avait porté plainte pour violation du secret de l'enquête.
Garde à vue de Rima Hassan : pas de 3-MMC dans ses affaires, le parquet classe sans suite la procédure
Rima Hassan à Paris, le 20 juin 2024. (Idir Hakim FR / Shutterstock)
Par Actu17
Le jeudi 9 avril 2026 à 15:39

Le parquet de Paris a annoncé ce mercredi 9 avril le classement sans suite de la procédure liée aux substances retrouvées dans les affaires de Rima Hassan lors de sa garde à vue le 2 avril. "Les investigations n'ont fait apparaître aucune infraction suffisamment caractérisée", a indiqué le parquet dans une communication adressée aux journalistes. Les analyses toxicologiques ont révélé que le produit initialement décrit comme s'apparentant à de la 3-MMC était en réalité du CBD.

Le premier scellé, "qui avait été décrit comme s'apparentant à de la 3MMC, par son apparence et par la réaction positive à la cathinone", "présente une teneur de 82.1% de CBD, et une teneur en delta 9 THC <0.025%", a détaillé le parquet. "Ce produit n'est donc pas qualifié de stupéfiant."Le second scellé, décrit de façon constante comme du CBD, présente une teneur de 24,9% en CBD et de 1,04% en delta 9 THC, soit au-dessus du seuil légal de 0,30%. Le parquet a toutefois estimé qu'"il ne ressort pas de cette procédure la caractérisation suffisante d'un élément intentionnel qui aurait été nécessaire à qualifier une infraction". Le parquet a par ailleurs souligné que la réaction positive à la cathinone "n'avait pas été communiqué par le parquet faute de valeur probante suffisante, mais avait abondamment fuité dans les médias".

Rima Hassan porte plainte et vise le porte-parole du ministère de la Justice

La veille, l'eurodéputée La France insoumise (LFI) avait porté plainte pour violation du secret de l'enquête, visant notamment le porte-parole du ministère de la Justice, Sacha Straub-Kahn, a appris l'AFP auprès de son avocat, Me Vincent Brengarth. La plainte s'appuie sur un article du Canard enchaîné affirmant que ce porte-parole avait échangé avec plusieurs journalistes pendant l'audition de Rima Hassan et discuté du contenu de sa garde à vue.

L'avocat de l'eurodéputée a également "écrit au ministre de l'intérieur et au ministre de la justice pour demander l'ouverture d'enquêtes administratives".

Gérald Darmanin saisit l'inspection générale de la justice

Le garde des Sceaux Gérald Darmanin a de son côté annoncé à l'Assemblée nationale avoir saisi l'inspection générale de la justice sur ces fuites, en réponse à une question du député LFI Thomas Portes. "Vous avez souhaité mettre particulièrement en danger un magistrat, porte-parole du ministère de la justice, qui a déposé plainte pour diffamation devant les informations que vous relayez", a répliqué le ministre, avant de lire les messages antisémites, "plus de 300", ciblant Sacha Straub-Kahn sur les réseaux sociaux. Dénonçant des "allégations mensongères du Canard enchaîné", Sacha Straub-Kahn a confirmé sur X avoir déposé plainte pour diffamation ainsi que pour des "injures antisémites inacceptables".

Cette décision intervient alors que Rima Hassan fait l'objet de trois renvois devant le tribunal correctionnel : le 7 juillet 2026 pour apologie de terrorisme commise en ligne (7 ans d'emprisonnement et 100 000 euros d'amende encourus), et le 16 septembre 2026 pour apologie publique de crime ou délit et provocation publique et directe non suivie d'effet à commettre un crime ou délit (5 ans et 45 000 euros encourus pour chaque délit). Le parquet de Paris avait par ailleurs déjà annoncé vendredi l'ouverture d'une enquête pour violation du secret de l'enquête.