Rima Hassan sera jugée le 16 septembre pour deux nouveaux délits

L'eurodéputée LFI a été entendue en audition libre vendredi par la BRDP et sera jugée le 16 septembre pour deux nouveaux délits. Le parquet de Paris a par ailleurs ouvert une enquête pour violation du secret de l'enquête.
Rima Hassan sera jugée le 16 septembre pour deux nouveaux délits
Rima Hassan à Paris, le 20 juin 2024. (Idir Hakim FR / Shutterstock)
Par Actu17
Le vendredi 3 avril 2026 à 18:23

Rima Hassan, eurodéputée La France insoumise (LFI), a été entendue en audition libre ce vendredi 3 avril par la brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP) dans le cadre de deux enquêtes préliminaires distinctes. À l'issue de ces auditions, "deux convocations par officier de police judiciaire lui ont été délivrées, devant le tribunal correctionnel à l'audience du 16 septembre 2026, aux fins de jugement", a indiqué le parquet de Paris. Ce dernier a par ailleurs annoncé l'ouverture d'une enquête pour violation du secret de l'enquête.

L'eurodéputée est d'abord poursuivie pour apologie publique de crime ou délit, un délit passible de 5 ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende. Il lui est reproché d'avoir publié le 20 octobre 2025 sur son compte Instagram une story commentée "One by one" ("Un par un"), accompagnant un article du site américain Mondoweiss titré "Hamas is hunting down groups in Gaza that collaborated with the Israeli army, one by one" ("Le Hamas traque un à un les groupes à Gaza qui ont collaboré avec l'armée israélienne"). Selon le parquet, la publication comprenait "un lien vers l'article de Mondoweiss renvoyant lui-même à des vidéos non censurées en lien avec l'exécution de civils gazaouis par le Hamas réalisées suite à l'accord de cessez-le-feu à Gaza du 9 octobre 2025, ainsi que des hashtags #Palestine #Israel, et une photographie d'hommes palestiniens armés".

«Dissoudre Nemesis à l'acide»

Rima Hassan est également poursuivie pour provocation publique et directe non suivie d'effet à commettre un crime ou délit, un délit passible des mêmes peines. Il lui est reproché d'avoir republié le 8 mars 2025 sur Instagram "une publication d'un carrousel de photographies provenant du compte @comitepalestineparis1 comprenant la photographie d'un tag « DISSOUDRE NEMESIS A L'ACIDE » prise lors d'une manifestation le 08 mars 2025 à Paris", a détaillé le parquet.

Le parquet a précisé le cadre juridique des différentes procédures visant l'eurodéputée. "L'immunité parlementaire empêche l'exercice d'une mesure de contrainte comme la garde à vue, sauf en cas d'infraction flagrante", a-t-il rappelé. Ainsi, Rima Hassan a été placée en garde à vue le 2 avril dans le cadre d'une enquête de flagrance, puis "auditionnée librement le 3 avril dans le cadre de deux enquêtes préliminaires". Le parquet a ajouté que "l'immunité d'un député européen ne fait pas obstacle à des enquêtes et à des poursuites dans le pays qu'il représente".

Une enquête ouverte pour violation du secret de l'enquête

Concernant les substances retrouvées lors de la fouille du 2 avril, "Rima Hassan a indiqué spontanément avoir acheté légalement du CBD dans un magasin qu'elle a désigné, et ignorer qu'un produit d'une autre nature pouvait lui avoir été fourni à cette occasion", a indiqué le parquet. "Des analyses complémentaires ont été ordonnées dans le cadre d'une procédure distincte, dont les résultats ne sont pas attendus dans un délai proche."

Enfin, "au regard de la temporalité et du degré de précisions des informations qui ont été publiées dans les médias au cours même de la garde à vue, et avant toute communication légale, le parquet de Paris a ouvert une enquête du chef de violation du secret de l'enquête", a-t-il annoncé. Ce délit fait encourir une peine de 3 ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende.

Ces nouvelles poursuites s'ajoutent à la convocation devant le tribunal correctionnel le 7 juillet 2026 pour apologie de terrorisme commise en ligne, pour laquelle Rima Hassan encourt 7 ans d'emprisonnement et 100 000 euros d'amende. L'eurodéputée fait désormais l'objet de trois renvois devant le tribunal correctionnel.